Hanoi et notre bilan du Vietnam

20 mai 2010 à 01:57 | Publié dans Vietnam | 4 commentaires

HANOI

On avoue d’emblée, on a séché la visite d’Hanoi. Nous y sommes pourtant passés trois fois, mais la ville nous a davantage servi de transit, de préparation et de repos entre Tam Coc et la baie d’Along, la baie d’Along et Sapa, Sapa et Tokyo. A chaque fois, la fatigue et la chaleur nous ont freinés.

On s’est contenté de balades dans la vielle ville et au bord du lac Hoan Kiem. On a retrouvé le bruit et la circulation de Ho Chi Minh, mais en plus concentré…trop concentré. Un regret, le très populaire spectacle des marionnettes sur l’eau, qu’on aurait aimé voir la nuit, était complet à nos dates…

NOTRE BILAN DU VIETNAM

Le Vietnam correspond à nos premiers pas en Asie. Un bilan s’impose! On est conscients que notre seule comparaison possible est avec des pays occidentaux et le Chili. D’autres familles tourdumondistes, avec qui nous sommes en contact, ont fait le tour de l’Asie, en passant notamment par le Cambodge, la Thaïlande, le Laos, le Népal ou encore l’Inde.  Les données changent, leur recul est tout autre et leur avis sur le Vietnam forcément différent. C’est très intéressant.

Nous étions prévenu que le Vietnam n’était pas la destination la plus facile pour le touriste et que la méfiance était de rigueur. On a rencontré aucun souci particulier. On a évité au mieux les marchandages et autres tentatives d’escroqueries des agences de voyage et hôtels en nous organisant un maximum par nous-même et en empruntant le plus possible les transports publics. Un grand merci également au réseau « bons plans des tourdumondistes » et aux forums internet, de vraies mines d’informations qui facilitent énormément l’organisation.

Voici en vrac, le Vietnam comme on l’a vécu

On a aimé :

– Notre chance avec la météo. Ça nous a permis d’apprécier chacune de nos destinations. Plus on avance et plus on constate qu’une bonne météo et donc une bonne lumière est indispensable pour profiter pleinement des paysages.

– Découvrir une culture si éloignée de la nôtre.

– L’étrange contraste entre à la fois un sentiment de monotonie (d’une ville à l’autre, le « paysage » était toujours le même) et la grande diversité dans nos découvertes et nos rencontres.

– Les rencontres humaines qu’on a fait.

– La cuisine vietnamienne et pour les enfants, manger avec les baguettes.

– Le coût de la vie pour nous occidentaux.

– Être au milieu de tant de cartes postales rêvées avant ce tour du monde : la folie d’Ho Chi Minh et son balai de motos, les paysans et leurs chapeaux coniques, les femmes portant leurs panières à bout de bras, le travail dans les rizières, les paysans et leurs buffles, la couleur et la diversité des rizières (jaune dans les champs, verte dans les marais, en terrasse dans les haut-plateaux), les vélos partout dans le pays, les canotiers dans leurs barques, la vie dans le Delta du Mékong, la fameuse baie d’Along, les minorités des hauts-plateaux…Ouaouuuuh!

On a moins aimé

– Le manque de ciel. Les ciels et les horizons magnifiques qu’on connaît depuis le début de notre voyage nous ont manqué. Au Vietnam le ciel est souvent resté blanc.

– La chaleur étouffante à  Ho Chi Minh et encore davantage à Hanoi.

– La pollution, la saleté dans les rues, les déchets dans le Mékong et dans la baie d’Along.

– La côté sans-gêne des vietnamiens. Par exemple dans la rue, les enfants sont régulièrement bousculés, c’est chacun pour soi.

– Les tentatives d’arnaque et le manque total de scrupule des agences et des hôtels qui vendent des prestations aux touristes. On a intérêt à savoir ce qu’on veut et être au courant des tarifs pratiqués, sans quoi c’est perdu. C’est dommage car cela fausse l’image qu’on peut avoir des vietnamiens. A contrario, tous les gens qu’on a rencontré dans les services publics (bus et train) où les prix sont fixes, ont été adorables. On a surtout constaté ce côté négatif dans le nord du pays (comme on nous l’avait dit).

– Le manque d’espace dans les hôtels. Après les parcs, les plages, les campings et leurs « playgrounds » ou les grandes auberges avec coin cuisine, pièce à vivre et salle de jeux, l’espace restreint au Vietnam a été difficile à gérer pour les enfants.

– Les enfants ont été saoulés d’être touchés voire embrassés sans arrêt. On a constaté ça davantage dans la partie sud du pays. Les vietnamiens du nord sont plus distants.

A part ça

– On est bien content que le métier de doubleur existe en France. Au Vietnam, les doublages de films et dessins-animés sont catastrophiques. Il n’y en a pas en fait. Les voix originales sont laissées telles quelles et une seule voix vietnamienne, monocorde à souhait, repasse pas dessus en faisant tous les personnages. Assez raté comme truc (les Simpsons avec une seule voix qui s’ennuie…les enfants n’ont pas supporté). Beaucoup de films ne sont carrément pas doublés mais simplement sous-titrés. On préfère. C’est moins insupportable et permet de se familiariser avec « la musique english ».

– Le massage vietnamien manque de douceur. Stef a d’abord testé le massage du crâne, puis avec Paolo et Lola comme témoins, le massage des pieds. Au secours! Rien à voir avec le massage français visant à détendre. Au Vietnam, le « massage » consiste en fait à exercer des points de pression…très forts les points de pression. Ca ne détend pas vraiment, mais on se marre bien. On a entendu parlé de massages similaires en Thaïlande…Et ailleurs en Asie, kesako?

– Au Vietnam, les femmes sont belles et travaillent sans relâche. Admirables.

– Au Vietnam, on oublie la voiture. Ici, c’est moto, vélo ou barque.

– Internet et wifi gratuit partout dans le pays (Nouvelle Zélande si tu nous entends…).

– Les vietnamiens mangent à toute heure de la journée, assis sur des petits tabourets et en pleine rue. On a l’impression qu’ils mangent des noodles à chaque repas.

– Les vietnamiens crachent souvent dans la rue, avec des bruits de bouche assez épouvantables. Pas top.

– Au Vietnam, il n’y a pas vraiment de trottoir. Les vietnamiens y sont installés toute la journée, pour manger, faire la vaisselle dans des bassines, vendre leurs produits, discuter…Le touriste doit contourner les différents obstacles.

– Il n’y a pas non plus de règle de circulation. Quasiment pas de feux et très peu de passage piétons. Traverser la rue est tout un art car jamais aucune voiture ni aucun scooter ne s’arrête en voyant un malheureux piéton au bord de la route. Il faut s’avancer lentement mais sûrement et laisser les véhicules t’éviter. Effrayant au début, on s’adapte finalement très bien.

– 1 euro vaut 25000 dongs. C’est une sensation étrange de se retrouver avec des millions en poche pendant un mois.

– Au Vietnam, les prix ne sont pas affichés, ce qui permet de les fixer a la tête du client (enfin du touriste).

-La très grande majorité des vietnamiens parlent parfaitement bien anglais. Le français est quant à lui tout juste bredouillé, et encore.

– Chaque vietnamien a quelque chose à vendre, parfois trois fois rien, mais à toute heure de la journée. Des fruits, des livres, des souvenirs, des boissons, un tour en scooter…

– Le cure-dent est d’utilité publique. Ils sont systématiquement servis avec le repas.

– Le lait (aliment de base pour 4/5 de notre famille) est très sucré. Pas super bon mais on prend quand même. Il est très peu consommé par les vietnamiens eux-mêmes. Trop cher.

– Les Vietnamiens sont très pratiquants, bouddhistes en majorité (les pagodes sont partout).

– Le pays est en paix depuis seulement 35 ans et commence ainsi doucement à se construire. Respect.

– On prévoit de se pencher davantage sur l’histoire du pays pour comprendre notamment cette différence très nette ressentie entre le nord et le sud.

– On a envie de revoir les films « Indochine » et « L’amant » pour reconnaître les paysages et de lire des livres qui se déroulent au Vietnam pour ressentir différemment l’ambiance du pays.

– Notre découverte du Vietnam et nos échanges avec d’autres voyageurs nous ont donné envie de visiter les pays voisins…et pourquoi pas toute l’Asie!

à suivre…

Prochaine étape :  Cékankonvaoù made in Japan !!!



Les visages de Sapa

18 mai 2010 à 01:11 | Publié dans Vietnam | 3 commentaires

Vous l’aurez compris, on s’est senti bien à Sapa. On a aimé déambuler dans la ville, qu’on a trouvé calme et harmonieuse et non pas, comme on a pu le lire, ultra touristique. Voilà donc quelques clichés de la ville, pris entre deux excursions et deux averses.

Sapa et son église.

Pour la petite histoire, Sapa a été fondée en 1922 par les français. On retrouve ainsi sur la place du village une église « bien de chez nous » et on apprend en effet, que contrairement à la majorité des vietnamiens pratiquants bouddhistes, à Sapa et dans la région, c’est la catholicisme qui est le plus souvent pratiqué.

Sapa et sa place du marché.

Sapa et ses ruelles.

Sapa, c’est aussi et surtout ses minorités Hmongs et Dzao, les plus présentes dans la région.

Bien que nombre d’entre eux n’aient jamais été scolarisés et ne sachent ni lire ni écrire, Dzao et Hmongs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le tourisme, et notamment les plus jeunes qui manient avec une surprenante aisance la langue de Shakespeare, et occasionnellement celle de Voltaire.
C’est sur la place du marché et dans les ruelles de la ville que l’on rencontre les différentes minorités, reconnaissables à leurs habits.

Les Dzao Rouges, leurs magnifiques coiffes et leurs vêtements rouges et/noirs ornés de pièces d’argent.

Les Hmongs, facilement reconnaissables à leur costume, des vêtements de chanvre teints avec une plante naturelle (noir/bleu) : l’indigo. Les femmes portent fréquemment des jupes plissées et brodées, parfois remplacées par des pantalons d’indigo. Leurs cheveux sont recouverts  d’écharpes colorées, de petits chapeaux carrés ou alors coiffés de gros peignes.

Contrairement aux Dzao, les plus jeunes Hmongs revêtent leurs habits traditionnels lorsqu’elles viennent à Sapa mais portent des vêtements modernes dans leur village.

Les enfants portent un bonnet superbement décoré.

On est ravis de constater le merveilleuse entente qui règne entre les différentes minorités. Les mariages mixtes sont d’ailleurs possibles et nous avons compris dans l’explication de Man May (Dzao Rouge mais  dont la maman est Hmong noir) que c’est l’appartenance au village choisi qui détermine les habits portés.

On quitte Sapa le cœur léger. On rentre sur Hanoi par le train de nuit. Notre séjour au Vietnam touche à sa fin…

Les villages de Lao Chai et Ta Van

14 mai 2010 à 07:22 | Publié dans Vietnam | 2 commentaires

Encore sous l’émotion de notre journée vers Ta Phin, nous prévoyons une nouvelle randonnée au sud de Sapa, vers les villages de Lao Chai et Ta Van. Enfin, si le ciel est d’accord ! Car après une journée parfaitement ensoleillée la veille, le lendemain voit Sapa recouvert d’un épais brouillard et d’une fine pluie. Tant pis, il nous reste une journée de rab, on en profite pour se reposer et faire école.

Oui mais voilà, pour notre dernier jour, rebelote. En plus du brouillard, une forte pluie vient nous miner le moral. On ne va pas partir comme ça, sans aller une nouvelle fois admirer les rizières, sans marcher des heures dans les montagnes, sans faire la connaissance de jeunes femmes Hmongs au village de Lao Chai ???!!!

On commence à ne plus y croire quand sur le coup de 11h, la brume se lève et le ciel s’éclaire. Notre bonne étoile ne nous  lâche pas, on fonce! On doit être à l’hôtel à 17h pour un retour en bus vers Lao Cai.

Sur la place du marché, l’activité reprend doucement et nous croisons rapidement deux jeunes femmes Hmongs, Tiu et Tu. On engage la conversation et ô miracle, elles sont de Lao Chai et acceptent volontiers de nous y mener. On est bénis! Départ prévu 15mn plus tard, le temps d’acheter quelques provisions.  Entre temps, on perd Alexis, dont le ventre ne semble pas résister à l’eau malencontreusement avalée au robinet. Charles reste avec lui et c’est donc à trois que nous partons pour cette excursion, Lola en tête. Se joint à nous, May, d’un village voisin et croisée quelques jours plus tôt à Sapa.

Nous empruntons rapidement les chemins de terre rendus très glissants par la pluie. Les premières vues sur la vallée Hoan Lien sont magnifiques. Celle-ci est entièrement recouverte de rizières. On ne s’en lasse pas.

Paolo et Lola sont adorables et marchent sans difficulté. Paolo profite à fond de la nature et s’arrête tous les 100m pour caresser un buffle ou observer un papillon (il est très polyvalent). Il parvient même à attraper une minuscule grenouille qui fait une partie du chemin avec nous. Lola est quant à elle une fois de plus prise sous l’aile protectrice de nos guides, elle est bichonnée tout au long de l’excursion.


Tu, Tiu et May sont fières de nous mener vers leur village et nous profitons du chemin pour échanger sur nos vies respectives. Tu et Tiu ont 17 et 18 ans, sont toutes les deux de toutes jeunes mariées. Elles se rendent chaque matin sur le marché de Sapa et rejoignent chaque soir leur village, parfois en scooter, souvent à pied. May doit marcher 2h de plus pour rejoindre le village voisin. Les distances sont toutes relatives par ici…
Elles expliquent dans un anglais parfaitement compréhensible comment sont rythmées leurs journées, entre le travail au marché, dans les champs et la vie de famille.

Nous observons ce jour là de nombreux hommes et femmes travailler durement sur leurs parcelles de terre. Le travail dans les rizières a démarré au début du mois de mai, on voit apparaître de temps en temps le vert qui deviendra éclatant les mois suivants. La récolte aura lieu quant à elle à partir de fin septembre – début octobre.

Après 3h de marche, nous traversons enfin le village Hmong de Lao Chai. Les enfants sortent de l’école, jouent dans les ruelles ou rejoignent leurs parents aux champs.

Nous traversons un peu plus loin le village de Ta Van, habitée par les Zays. Ces derniers ont des habits beaucoup moins traditionnels. Outre un foulard coloré et un haut très « flashi », rose, vert ou bleu, les femmes portent un pantalon et des vestes tout ce qu’il y a de plus moderne.

Il est déjà 16h, c’est l’heure du retour sur Sapa. On achète comme convenu des souvenirs à chacune de nos guides et on monte sur le scooter. Le brouillard refait surface et couvre toute la vallée en 5mn. Oui on sait, on est chanceux!

Man May, fée de Ta Phin

13 mai 2010 à 14:58 | Publié dans Vietnam | Un commentaire

Nous venons d’arriver à Sapa et nous ressortons déjà de l’hôtel pour aller flâner sur la place du marché. Des femmes Hmongs noirs et Dzao rouges proposent des sacs, pochettes, étoffes de leur fabrication. Elles sont insistantes, elles nous suivent mais contrairement aux « vrais » vietnamiens, c’est fait avec gentillesse, sans agressivité.

On fait alors connaissance avec deux femmes Dzao rouges dont l’une, Man May, parle un peu l’anglais. Le courant passe tout de suite, elle est magnifique avec sa coiffe rouge et son visage tout en rondeur. Il se trouve qu’elle habite Ta Phin, le village que nous souhaitons visiter. Nous lui demandons à tout hasard si elle accepterait de nous y mener. Visiblement, ce n’est pas quelque chose d’habituel pour elle qui vient à Sapa pour vendre ses étoffes contrairement à d’autres femmes Dzao mais surtout Hmongs qui maîtrisent l’anglais et proposent ce type de balade aux touristes. Mais elle est enthousiaste et accepte volontiers. Rendez vous est donné à neuf heures le lendemain matin.

Le soir et une partie de la nuit, on se colle aux bulletins météo sur internet. Charmés par Man May et à l’idée de marcher avec elle dans les montagnes, on prie pour que l’ange gardien qui nous suit depuis presque 10 mois ne nous lâche pas et nous apporte le soleil.

Comme convenu, le lendemain matin, Man May est au rendez vous avec son amie et voisine Pha May. Nous comprenons au moment d’étudier une carte géographique ou de leur demander d’épeler leurs prénoms que Man et Pha ne savent ni lire ni écrire. On effectue 3 km en scooter pour nous mener au chemin de randonnée et c’est parti pour 3 heures de marche.

Le soleil est là et les paysages sont magnifiques. Les cultures en terrasse sont sublimes, certaines parcelles sont verdoyantes du riz déjà levé, d’autres sont caramel, couleur de la boue et de l’eau qui les irriguent. C’est un spectacle magique !

Les rizières en terrasses sont construites sur les pentes où l’approvisionnement en eau est suffisant pour fournir l’irrigation partout dans la période de pousse. Elles nécessitent une quantité de travail énorme pour créer et entretenir les rizières.  En l’absence d’instruments modernes,  cela exige une technique héréditaire complexe, déjà utilisée par les paysans chinois avant qu’ils n’aient émigré pendant la deuxième moitié du 19è le siècle.

La superficie des terrasses projetées est calculée selon le flux d’eau disponible. Toutes les terrasses doivent être parfaitement horizontales, afin de maintenir un niveau constant d’eau avant qu’elle ne  se verse dans la terrasse d’en dessous.

Les paysans et leurs buffles travaillent la terre, des femmes et leurs paniers remplis d’herbe nous saluent.

Nous ne rencontrons aucun touriste sur le chemin qui mène à Ta Phin. Les enfants, comme chaque fois lors des grands moments du tour du monde se mettent au diapason, ils sont adorables. Et nous, nous croyons vivre un rêve éveillé. Quel privilège de se trouver ici avec ces femmes admirables et dans un tel décor ! L’émotion nous étreint. On aimerait que le temps s’arrête.

Après 2 heures de marche, nos guides Dzao prennent un minuscule sentier qui monte vers la maison de Man May. Celle-ci laisse son panier à son amie et prend Lola sur son dos avec son porte bébé Dzao. Lola ronronne, elle est aux anges et manque s’endormir, bercée par Man May.

Nous arrivons enfin chez notre hôte. Sa vaste maison en bois est accueillante, le feu crépite à même le sol en terre. C’est extrêmement sommaire mais rien ne manque et la maison respire l’harmonie. L’eau pure arrive de la montagne par un rudimentaire système d’irrigation. Il y a l’électricité et une lampe qui éclaire l’ensemble de la pièce. Pas de parabole satellite contrairement à beaucoup d’autres maisons isolées autour de Sapa. Seule concession à la modernité, l’usage du téléphone portable, utile pour se joindre quand l’une est au marché de Sapa et l’autre aux champs.

Les enfants de Man May et Pha May préparent les légumes, rejoints par nos trois bambins. Elle nous épluche quelques pêches de vignes, fait frire du gras de porc, cuire du riz et les légumes verts et nous passons à table. Nous sommes très émus et honorés par l’accueil qui nous est réservé. Tout se passe le plus naturellement du monde. C’est un moment de grâce, notre plus belle rencontre humaine du tour du monde.

Nous vivons un autre moment de partage très fort lorsque nous montrons à nos hôtes les photos de notre voyage. Man May et Pha May, qui ne sont jamais allées plus loin que Sapa et pour qui la Statue de la Liberté n’évoque rien, expriment des « Ooooooh, it’s beautiful » devant ces paysages du monde qui défilent sous leurs yeux. Comme on aimerait les emmener sur un bout de chemin avec nous…Moment magique.

Accessoirement, c’est l’endroit idéal pour effectuer le défi vietnamien exigé par nos amis (voir page Défis !).

Paolo Alexis et Lola rejoignent les enfants Dzao pour jouer autour de la maison. Et bientôt nous reprenons la marche vers une route goudronnée où les scooters nous ramèneront à Sapa. Nous admirons une dernière fois les cultures en terrasse sous une belle lumière et la maison de Man May qui s’éloigne.

Nous quittons notre parenthèse enchantée de Ta Phin (clin d’œil à Mel et Jeff ) à la sortie du sentier quand nous apercevons les premiers touristes puis leur bus. On se félicite d’avoir choisi le mode solo !

De retour à Sapa, nous remercions la fée Man May pour cette journée inoubliable.

Si nous rentrons nous reposer à l’hôtel, elle, retourne au marché avec son panier vendre ses étoffes jusqu’à la nuit tombée. Le matin même elle y avait pris place dès 6 heures, bien avant notre rendez vous.

Nous étions impressionnés et admiratifs par les femmes vietnamiennes en général, nous sommes émerveillés par cette femme Dzao.

Mille mercis Man May.

Le marché de Bac ha

12 mai 2010 à 01:48 | Publié dans Vietnam | 2 commentaires

Comme pour la baie d’Ha Long, on a beaucoup hésité pour visiter les ethnies montagnardes de Sapa entre les agences de voyages ou un parcours perso. Notre calendrier étant très serré on se demandait aussi s’il fallait ou non aller jusqu’au marché de Bac Ha. Ce dernier n’a lieu que le dimanche matin et après une nuit passée dans le train on avait quelques  craintes sur l’état des troupes !

Les prix élevés des agences d’une part et la rencontre chez Loan d’une famille française installée à Hanoi et revenant de Sapa en mode perso a fini par nous convaincre. On se débrouille et on va à Bac Ha. On se reposera quand on sera vieux !

Bien joué ! Les couchettes du train SP3 Hanoi-Lao Cai sont nickels et pas chères. Les enfants étrennent pour l’occasion un nouveau moyen transport dans ce tour du monde.

Il est 6h15. Le train est plus ponctuel que le TGV Tours-Paris et les « rabatteurs » nous attendent avec les minibus pour assurer la liaison Lao Cai – Bac Ha. Prix de départ 60 $ aller, finalement ce sera 30 $ aller-retour pour nous 5… On finirait presque par prendre goût au marchandage.

Et le marché de Bac Ha vaut le déplacement. Les couleurs du Vietnam sont ici, à moins de 20km de la frontière chinoise, au pays des Hmongs Fleurs, une des 54 ethnies montagnardes qui peuplent le Nord du Vietnam.

Ces femmes sont magnifiques et fières. Malgré une chaleur étouffante elles portent leur habit traditionnel de velours, perles et tissus multicolores. Il faut plusieurs mois à ces femmes pour réaliser un costume complet.

Les porte bébés, les sacs à main, les jambières, tout est lumineux.

Et quel bonheur de déambuler au marché auprès de toutes ces femmes en habit de fête venues de leur montagne pour acheter tout ce dont elles ont besoin pour vivre. On a l’air de ploucs avec nos habits occidentaux !

Le marché de Bac Ha se compose de différents quartiers (vêtements et bibelots, animaux, outils, légumes, viande, restaurant…).

On se régale pendant deux heures, on multiplie les portraits et on cède volontiers devant l’insistance de quelques unes qui tiennent à ce qu’on leur « buy something for me please ? ».

Notre entrée en matière dans la région de Sapa est éblouissante, on rentre vers Sapa,des étoiles dans les yeux avec notre « rabatteur » de minibus, qui est aussi le frère d’une propriétaire d’hôtel (10$ la chambre familiale) si bien qu’on refait affaire avec lui. Les prix baissent encore pour le retour en minibus vers Lao Cai trois jours plus tard, adjugé 5$ pour nous 5.

Notre après-midi à Sapa nous donne l’occasion de nous balader en ville. Les Hmongs Fleurs ont laissé place aux Dzao rouges (les plus belles) et Hmongs noirs (les plus petites). Leurs visages sont souriants, sereins et marqués par le travail. On est totalement sous le charme de ces minorités et heureux de les voir fières de ce qu’elles sont. Après les indiens Navajo, les Aborigènes d’Australie et certains Kanaks, c’est un bonheur et un soulagement de voir des minorités ethniques trouver toute leur place dans la société tout en conservant leurs traditions.

Bac Ha nous a enchanté et le meilleur reste à venir, puisque nous n’avons pas encore rencontré la fée Dzao rouge… (à suivre…)

Page suivante »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.
Entries et commentaires feeds.

%d blogueurs aiment cette page :