Notre Japon pratique et anecdotique

11 juin 2010 à 02:33 | Publié dans Japon | 6 commentaires

Passer du Vietnam au Japon, ohlalala, quel choc! Ce n’est pas compliqué, les deux pays sont aux antipodes!

Le Japon est un pays occidental et pourtant il est différent…pas pareil quoi. Il n’y a pas un Japon mais des Japons.

Les japonais ont une culture très particulière, faite de règles et de contraintes, et en même temps empreinte de beaucoup de fantaisies. Ce pays est tout en contrastes et contradictions. C’est très étrange et ça nous laisse souvent perplexes…et amusés.

C’est quand même troublant de passer d’un mariage en tenue traditionnelle aux « vêtements » déjantés des jeunes le dimanche,  de croiser des hommes en costume-cravate avec des peluches accrochées à leur téléphone portable, de rencontrer dans la rue des femmes habillées en kimono traditionnel ou des jeunes filles habillées (déguisées) en poupée, d’observer les hommes d’affaire stressés le matin à saluer 100 fois leur patron et de les retrouver en train de s’éclater au Pachinko comme des dératés en fin de journée, de passer de la folie ultra moderne de Tokyo à la culture traditionnelle et zen de Kyoto, de voir en vrai des sumos et des geishas, d’écouter les musiques très enfantines qui accompagnent les annonces dans les gares ou les métros quand tout le monde semble si sérieux, silencieux et ordonné, d’assister à la représentation de geishas puis quelques jours après à celle d’un spectacle complètement loufoque de japonais surexcités, de dormir dans un temple et sur des futons, d’entendre « merciiiiiii » 250 fois par jour et voir tous les japonais se courber en permanence sur son passage…

Le Japon est à la fois un film et un dessin animé, sérieux et fantaisiste, moderne et traditionnel.

La propreté au Japon

C’est la première chose qui nous a frappé ici. Le Japon n’est pas propre (l’Australie est propre) mais carrément aseptisé. Pas une poussière rencontrée en plus de 3 semaines! Tout est nickel absolument partout, mais à un point même pas imaginable!
Dans les hôtels, il est interdit de circuler avec nos chaussures, des chaussons sont mis à disposition des clients. Mais on doit les quitter pour marcher sur les tatamis et encore en changer pour passer de la chambre à la salle de bain.
Dans les métros ou les gares, on voit en permanence des employés nettoyer les escaliers, les quais etc…On a même halluciné de voir toute une rangée d’employés attendre l’arrivée du prochain train : un par porte! En 2mn chrono, le train est nickel. D’autant plus que dans le train lui-même, une hôtesse passe toutes les 30mn pour ramasser nos déchets…pas une miette.
Et dans le même temps, on a du mal à trouver des poubelles dans la rue…Les japonais conservent leurs déchets dans des sacs en attendant LA poubelle.

La politesse au Japon

Au Japon, on ne dit pas « merci » mais « merci-beaucoup-infiniment-c’est trop gentil-merci encore-merciiiiiii », le tout répété en continu et agrémenté de courbettes bien prononcées (et répétées elles aussi). Leur « arigato gosaïmaaaaaasssss…. » est LA petite musique qui nous reste dans la tête à la fin de notre séjour.
Quand on rentre dans un magasin, on a droit à des « merci-etc… » pendant tout le temps de nos achats, quand on paye et jusqu’à notre sortie, et ce, par les trois employés du magasin qui manquent chaque fois de se cogner la tête contre le comptoir tellement ils se baissent pour nous saluer…C’est assez incroyable à vivre.
Les japonais remercient et saluent tout le temps. Le contrôleur de train salue les passagers en entrant et en ressortant de chaque wagon, les employés saluent leur patron plusieurs fois en s’adressant à eux dans la rue, même l’ascenseur nous remercie de monter avec lui!

Se nourrir pour pas (trop) cher au Japon

Vous ne lisez pas le japonais? Pas de souci, les plats sont exposés en vitrine. Comme ça, on voit ce qu’on va manger et il suffit de montrer du doigt le plat qu’on choisit. Ce n’est pas très poli mais c’est pratique.

On trouve en vente partout des plateaux-repas à base de sushis. Ces plateaux sont très prisés par les japonais eux-mêmes. Une formule sympa, le bento, un plat bon marché. Il existe même des distributeurs de plateaux-repas! Vous choisissez votre plat, vous payez et vous allez chercher le plat auprès d’un serveur qui a tout préparé en deux temps-trois mouvements. Efficacité rime avec japonais.

Le must reste quand même les restos où l’on mange assis (ou debout)  et où l’on voit tourner les fameuses assiettes de sushis.

Une confidence : on n’est pas hyper fans des sushis.
Autre confidence : Stef ne peut plus voir les noodles en peinture. Du coup, on fait menu séparé.
Globalement, la cuisine vietnamienne a notre préférence par rapport à la cuisine japonaise.

L’ordre japonais

Dans le métro, les gens attendent derrière des lignes marquées au sol et en file indienne. Pas un pied ne dépasse! Oui, le français a du boulot…

Les feux japonais durent très longtemps, on peut ainsi traverser en toute tranquillité, c’est bien. Mais quand on est dans un endroit paumé et qu’aucune voiture n’est visible à l’horizon, on a beaucoup de mal à ne pas traverser, même si le petit bonhomme est encore rouge…Aucun japonais ne ferait ça!

Les jeux
Les japonais aiment jouer dans les salles de jeux. On en trouve partout. C’est étonnant d’observer le cadre en costume-cravate tenter d’attraper une peluche entre midi et deux…Ceci dit, c’est un exutoire comme un autre…Le jeu le plus populaire est le Pachinko, dont des salles lui sont dédiées spécialement. C’est un mix entre la machine à sous et  un flipper vertical. Les joueurs achètent des billes de métal qu’ils introduisent et projettent dans un circuit vertical afin de gagner d’autres billes. Ces dernières sont échangées contre un prix.

Nos dessins animés japonais

On se rend compte en étant ici à quel plein TOUS nos dessins animés d’enfance sont japonais!

A chaque coin de rue, les références fusent:

« Oh regarde, les lycéens portent les mêmes habits que dans « Jeanne et Serge »!

« Oh regarde, les écoliers ont le même cartable que dans Olive et Tom ».

« Oh regarde, la voiture rikiki et en forme de rectangle! ». On a même plusieurs fois reconnu le chauffeur avec la casquette qui lui tombe sur les yeux et dont la tête ne dépasse pas le pare-brise… »

– « Oh regarde, toutes les dames qui tiennent un commerce portent un foulard sur la tête comme la maman de  Lucile (de « Embrasse-moi Lucile », m’enfin!!). Bon ok, dans le dessin animé, c’est le papa de Lucile qui porte le foulard mais bon…

– On a même vu le papa d’Actarus! Mais siiiii, le petit vieux tout chauve (enfin, avec 3 poils sur le crâne), avec les yeux presque fermés et les dents en avant et hyper écartées!

Le Japon est un remake de notre enfance, c’est trop bien. Tous les adulescents qui se respectent doivent absolument venir ici au moins une fois!

A part ça et dans le désordre

– On a aperçu le lundi matin, celui qui qui nous a semblé être le patron (ou manager) en train d’«accueillir» ses employés ou plutôt les inciter à se dépêcher. Comme ça, dans la rue. Avec les courbettes.

– Partout sur les trottoirs, sur les quais, dans les métros etc…des chemins sont tracés pour les aveugles. Et très souvent, le braille est utilisé (dans les ascenseurs, pour les plans etc). On trouve ça super bien.

– Dans le même état d’esprit, on a pu constater avec quelle facilité les personnes en fauteuil roulant prennent les transports en commun. Que ce soit dans les bus, les métros ou les trains, tout est organisé en un temps record pour que le fauteuil accède puis prenne sa place dans le transport. Les sièges du bus se plient et des passerelles (automatiques ou manuelles) sont utilisées. On avait constaté la même efficacité aux Etats-Unis.

– Le Japon est silencieux. Que ce soit dans un temple, dans le métro ou dans la rue un samedi dans un quartier populaire blindé de monde, il n’y a pas de bruit.

– Les chaussettes en « pied de cochon » sont très répandues…Tout le monde en porte en fait.

– Les japonais circulent beaucoup à vélo. Mais ici, les vélos partagent le trottoir avec les piétons.

– il nous a semblé que les Kyotoïtes étaient plus décontractés que les Tokyoïtes.

– Messieurs les japonais, oubliez les cheveux longs. Ca nous fait le même effet que les films de samouraïs à la télé…C’est à mourir de rire!

– On a croisé de nombreuses personnes âgées, non pas voûtées mais carrément pliées en deux. A quoi est-ce dû?

– On rencontre très souvent dans la rue des femmes en kimono traditionnel.

– Les japonaises marchent les pieds vers l’intérieur.

– La star ici est incontestablement Hello Kitty. Elle est absolument partout. Sinon, Stich (de Lilo et Stich) est bien placé. On est complètement à la page en France en fait…

– Tout japonais qui se respecte a un, deux ou dix doudous accrochés à son sac ou son téléphone portable. Même les hommes d’affaire hyper sérieux dans leur costard-cravate ont leur petite peluche rose-bonbon accrochée à leur téléphone portable!
Les japonais aiment aussi beaucoup les grelots, ils en mettent partout avec leurs « doudous ».

– On a adoré la beauté des chambres japonaises et dormir sur des futons. Le style est épuré, l’espace hyper bien optimisé. Et quand on a en plus les portes coulissantes et le jardin japonais autour, c’est le top. Charles veut une grande chambre japonaise et des futons dans notre prochaine maison, c’est dire…

– Les japonais sont incapables d’être pris en photo sans faire le signe du V de victoire. On n’en a pas vu en tout cas…

– Le très design Shinkansen (le TGV local) est ultra rapide, ultra ponctuel, ultra propre et ultra spacieux. On est en 1ère classe, sauf que non. Un truc génial aussi, les sièges se tournent tous pour être systématiquement dans le sens de la marche. Et une hôtesse passe régulièrement pour nous proposer des en-cas (comme dans l’avion ou au cinéma avant le film…jadis).

– S’il reste moins systématique qu’au Vietnam, le port du masque reste malgré tout fréquent. On rencontre également beaucoup de femmes qui se protègent du soleil avec une casquette XXL ou une ombrelle.

– Le culte des mangas n’est pas un mythe. Partout des affiches, des effigies et des livres mangas.

– Le karaoké est culte au Japon. Imaginez Abba en japonais…

– Info spéciale Torii, un incontournable du pays. Un torii (litt. « là où sont les oiseaux ») est un portail traditionnel japonais. Il est communément érigé à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste, afin de séparer l’enceinte sacrée de l’environnement profane. Du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un temple doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde réel. Il n’est pas rare de voir des japonais contourner un torii lorsqu’ils ne pensent pas repasser plus tard par cet endroit. (merci Wikipédia).

– Au Japon, il n’y a pas d’aires de jeux pour les enfants ou alors très peu.

– On a été impressionnés par le nombre incroyable d’écoliers et d’étudiants en visite dans les temples ou les sites touristiques. On est en mai, c’est la période des sorties scolaires, mais quand même…

– On a du mal à trouver un banc pour s’asseoir dans les parcs ou même en ville. Les japonais ne s’assoient pas! On était de vraies attractions lorsque les enfants s’affalaient au milieu des sacs dans le métro ou pire encore, quand on s’asseyait tous sur un muret pour manger notre « repas » du midi. Faites donc  manger des sushis à des enfants en marchant vous !

– La pauvreté n’est visible que la nuit. A Tokyo, en début de soirée, les SDF apparaissent comme des ombres. Des hommes, assez âgés, parfois sous alcool, invisibles le jour, investissent les abords des stations de métros pour passer la nuit.

Voilà pour le petit compte rendu sociologique japonais. C’est un pays paradoxal, enfantin et paternaliste, ordonné et déjanté, traditionnel et ultra moderne, mais où semble régner une certaine harmonie.

Nous volons maintenant vers Bali, notre dernière escale avant le retour en France, dans 3 semaines seulement.

Tokyo 2, le retour

9 juin 2010 à 04:11 | Publié dans Japon | 4 commentaires

Après la suite royale au temple de Zenkoji, retour à Tokyo pour nos deux dernières nuits japonaises. Nous les passerons … en cellule ! Oui, oui, notre chambre a tout d’une cellule de prison : tout béton, une porte blindée, un couloir grillagé. Ah ! si, un détail. Il faut payer : 120€ !!!

Si jamais on avait oublié que le Japon était cher, là on s’en souvient bien… Pour la petite histoire, depuis le début du tour du monde le prix d’une nuit varie de 6€ (à la baie d’Along) à … 120€ ici-même.

Heureusement, les matons organisent un petit spectacle pour remonter le moral des prisonniers, donné par deux japonais surexcités. C’est comme on se l’imagine, loufoque, marrant (la vidéo à voir prochainement).

On se balade au temple Senso Ji, situé juste à côté de l’auberge. Celui-là même où se déroulait le Matsuri à notre arrivée au Japon. On le re-découvre, sans festival cette fois. Et il est magnifique.

On observe avec toujours autant de plaisir les différents rituels qui entourent l’entrée dans l’enceinte sacrée du temple et on déambule tranquillement dans les allées commerçantes aux abords du temple.

On s’offre également le fameux resto « des sushis tournants ». C’est notre attraction du jour. Les assiettes passent plusieurs fois devant nous avant qu’on comprenne le système.  Les prix sont affichés par couleur d’assiette pour se repérer et on paye le nombre d’assiettes attrapées au vol. Le cuistot au milieu à pour rôle de réapprovisionner le tourniquet et c’est là que c’est pô juste! On prend les assiettes qui nous plaisent mais de nouvelles avec des mets appétissants apparaissent à chaque fois! Dur de s’arrêter…

On va faire un tour dans une salle de jeux, les enfants se défoulent un peu et on retourne à l’auberge.

Sauf Charles, qui part découvrir Tokyo de nuit. Pour une quête. Charles fait une fixette depuis plusieurs années sur la scène de « Lost in translation » où Scarlett Johansson, en petite tenue, s’assoit sur le rebord de la fenêtre de sa chambre d’hôtel avec vue imprenable sur Tokyo. Définitivement culte !!!

Donc Charles veut voir le Park Hyatt hôtel de Tokyo, et si, par bonheur, Scarlett Johansson est dans le coin, il tapera volontiers la causette. A défaut, il acceptera volontiers de boire un whisky avec Bill Murray et son allure spleenée (culte aussi !).

Le Park Hyatt est bien là, les acteurs, non. Mais Charles peut quand même jeter un regard en l’air, la scène se déroulait entre 39ème et le 52ème étage de ce building de Shinjuku.

Bon allez on arrête de jouer les groupies, on est en reportage sur Tokyo by night.

Le quartier Shinjuku est illuminé d’inscriptions en japonais, on retrouve un peu l’ambiance de Times square à New York mais en plus modeste quand même. Une petite virée dans le quartier chaud de Kabukicho juste le temps de se faire brancher par un type qui me propose un peu de bon temps si je le souhaite avec une blonde à forte poitrine (gestes à l’appui car son anglais est approximatif). Demi tour !

Les salles de Pachinko sont bondées, la musique  à fond. Bon il faut le voir mais c’est pas trop sa came à Charles qui s’en retourne vers Asakusa. Le temple senso – ji et la pagode sont maintenant quasi déserts, l’occasion de les prendre en photo illuminés.

Fin de la promenade, retour en cellule ( bon on rigole hein, les lits sont douillets !) avec les Cékankonvaoù.

Demain, on quitte les yens pour les roupies.

Takayama

8 juin 2010 à 01:40 | Publié dans Japon | 3 commentaires

Bienvenue au temple Zenkoji, sa salle de prière, son bouddha au sous sol dans un noir total et … ses chambres d’hôtel !

Encore une curiosité typiquement japonaise, le Zenkoji temple inn est bien un temple-hôtel.

Et c’est une merveille de chambre qui nous attend. Des cloisons japonaises entourent toute la chambre. Quatre futons et des couettes moelleuses à souhait n’attendent que nous. Et partout autour de la chambre un jardin japonais. On est ravis de finir avec un Japon aussi traditionnel … et moderne ! avec une connexion Wifi en béton.

On profite 3 nuits de notre palace, on fait école assis sur les tatamis, les cahiers disposés sur la table basse.

Et on sort l’après midi flâner dans les ruelles de Takayama. De vieilles maisons en bois pleines de charme, des boutiques d’artisanat tout aussi craquantes, quelques temples installés sur la colline, c’est très très reposant. Il faudrait revenir en hiver pour voir ce village de montagne sous la neige.

Les journées passent à cent à l’heure, on n’arrive pas à croire qu’on va quitter le Japon dans deux jours.

Finalement, le programme de visite méritait amplement nos 25 jours. Reste à profiter de Tokyo by night et on s’envolera ensuite pour Bali, notre dernière destination.

Le spleen du retour n’est pas loin…

L’île de Miyajima

7 juin 2010 à 00:03 | Publié dans Japon | 3 commentaires

A 30 minutes de train d’Hiroshima, nous prenons la direction de la mer et l’embarcadère pour rejoindre l’Île de Miyajima.

Dès la traversée en ferry, nous pouvons apprécier ce que nous sommes venus chercher, le fameux Torii flottant d’Itsukushima. Ce monument singulier est l’un des plus photographiés du Japon.

Après 10 minutes de traversée, nous commençons notre promenade et retrouvons des amis déjà aperçus à Nara, des daims ! Ils se promènent dans la rue, sur la plage et viennent bouloter tout ce qu’ils trouvent, y compris l’emballage de la glace de Charles !

Nous pensions rencontrer une horde de touristes, mais il n’en est rien. Nous arrivons sur l’île en début d’après-midi, l’heure à laquelle la plupart repartent.

Miajyma est très paisible, nous prenons le rythme et nous nous baladons tranquillement dans les ruelles, on est bien. Pour l’anecdote, l’île ne comporte ni maternité ni cimetière car il est interdit d’y enfanter ou d’y mourir…

Nous rejoignons ensuite le site du Torii que nous prévoyons d’admirer sous différentes lumières, jusqu’au coucher de soleil. On admire donc et on prend la pause…bref, on se fait plaisir.

La marée descend et le Torii n’a presque plus les pieds dans l’eau. L’occasion d’un petit jumping familial.

L’ambiance est à la sieste pour Charles qui veille quand même sur son sac reluqué avec insistance par un daim cleptomane. Les enfants, quant à eux,  sont trop heureux de retrouver enfin une plage de sable et en profitent tout l’après midi.

Paolo trouve le temps de tester ses biscotos en soulevant le Torii … d’une main ! Ce garçon est tombé dans la marmite de potion magique quand il était tout petit !

Stef a plus d’énergie et entreprend la visite du temple Daisho-in, succession de temples, portes, statues  jardins et bassins. Ambiance zen garantie.

On profite également du sanctuaire itsukushima, bâti sur pilotis et dominant la baie. Sur la jetée qui fait face à la baie, se trouve la plus ancienne scène de théâtre de Nô du Japon. Surplombant le sanctuaire, on aperçoit également la pagode aux 5 étages de Goju-no-to.

Le soir arrive déjà, les groupes d’élèves se succèdent sous le Torii pour faire un vœu en jetant une pièce sur l’une de ses poutres horizontales. Si la pièce ne tombe pas, c’est gagné !

Stef mitraille le Torii toutes les 5 minutes pour capter « LA » lumière jusqu’à ce que la nuit tombe complètement et que le torii soit éclairé. Les enfants commencent à croire que c’est une maladie, la photographite…

Le concours photo est engagé avec un sympathique couple japano-sud africain résidant à Cairns. Nous  profitons de l’occasion pour nous remémorer de bons souvenirs de notre périple australien mais aussi pour plaisanter ensemble sur « les japonais vus par les français » et en retour « la France et les français vus par les étrangers ». Un bon moment.

Ce soir là, point de couleur orangée ou rose dans le ciel, mais c’est quand même splendide.

On est bien, Stef a envie de rester. Les enfants et leur paternel finissent par lui arracher un accord pour prendre le ferry de 20h.

Retour à l’auberge d’Hiroshima. Demain on profite à fond de notre Japan Rail Pass : 7 heures de train vers le Nord et Takayama.

Émouvante Hiroshima

5 juin 2010 à 10:42 | Publié dans Japon | 2 commentaires

La ville d’Hiroshima est tristement célèbre pour avoir été la cible de la première bombe atomique, larguée par les américains à la fin de la seconde guerre mondiale pour faire capituler les japonais. C’était le 6 août 1945, à 8H15, comme en témoigne les montres exposées au musée, arrêtées à  l’heure du cataclysme.

On pourrait penser que c’est un peu sinistre comme visite, et pourtant, cela nous a semblé comme une évidence. D’autant plus que quelques jours avant notre départ pour ce fabuleux voyage d’une année, les enfants avaient regardé un dessin animé qui se passe à Hiroshima dans lequel une petite fille se balade dans la ville et retrace à travers son imagination les terribles événements. Ce dessin animé les a marqués, c’est la première ville japonaise qu’ils ont découverte…

Et comme à chaque fois, les enfants nous bluffent par leur mémoire. Ils se souviennent des détails du dessin animé et donc du parc mémorial de la Paix. Ils nous devancent dans nos découvertes et c’est ensemble que nous reconstituons l’histoire d’Hiroshima. Poignant.

L’émotion la plus forte survient devant le monument de la paix dédié aux enfants. Il représente une fillette aux mains tendues ; une grue, symbole de longévité et de bonheur, vole au-dessus d’elle. Cette œuvre évoque une petite victime de la bombe persuadée qu’en fabriquant mille grues de papier, elle guérirait de sa maladie. Elle ne survécut pas, mais grâce à son histoire, connue dans dans tout le Japon, des grues de papier fabriquées par les écoliers de tout le pays ornent en permanence son effigie. (tiré du guide Voir, Japon, Hachette).

Nous restons devant le monument quand un groupe d’élèves se lève et entonne une chanson sous la direction de leur professeur. La mélodie et l’interprétation des enfants sont extraordinaires. Nous sommes bouleversés. Lola :  » Ça fait du bien la chanson ! ». Oui, elle fait du bien cette chanson, regardez et écoutez.

On pense aux membres de nos familles qui ont vécu la guerre. On mesure notre chance de vivre en paix et on fait le vœu qu’il en soit de même pour nos enfants. Alexis a la solution : « Si un pays commence par arrêter d’avoir des armes, alors après les autres feront pareil et il n’y aura plus de guerre. »

Nous passons un long moment au parc mémorial de la Paix, devant le cénotaphe, qui contient tous les noms des victimes puis devant la flamme de la Paix qui ne s’éteindra que lorsque les armes nucléaires auront disparu de la surface de la terre. Plus loin les enfants font sonner la cloche de la Paix. Nous arrivons enfin devant le dôme de la bombe A, seul vestige de l’ancienne Hiroshima.

Nous commençons enfin la visite du musée, où nous prenons conscience grâce aux images, maquettes et reliques de l’incroyable pouvoir de destruction de la bombe qui a fait 140000 victimes…

Devant les restes d’un vélo d’enfant exposé au musée, Paolo se remémore à nouveau le dessin animé sur Hiroshima dans lequel la petite fille imagine un garçon sur le vélo, avant que la bombe n’explose et qu’il ne reste que l’épave du tricycle.

La visite se termine. Nous portons un dernier regard sur le site dont la sobriété, le calme, l’espace  et la végétation se prêtent si bien au recueillement et à la mémoire.

Hiroshima restera un moment très particulier dans ce tour du monde, grave et émouvant.

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