Sur la route du Gunung Batur

24 juin 2010 à 08:15 | Publié dans Bali | 3 commentaires

Nous prenons aujourd’hui le chemin du Gunung Batur, au centre-nord de Bali. Gusti, notre chauffeur attitré pour la découverte de l’île, prend les petites routes, roule à deux à l’heure et s’arrête fréquemment pour nous permettre de marcher le long des rizières ou observer les autochtones. C’est parfait.

Enfin presque parfait car une boulette vient quelque peu perturber notre programme, nous avons perdu la recharge de batterie de l’appareil photo! A quinze jours du retour…no comment. On a demandé sans succès à chaque personne de l’hôtel si leur recharge était compatible avec la nôtre et la batterie montre des signes de faiblesse…Au secours. Stef sans appareil photo, c’est impensable. « On y va mais on a peur » (sic).

On s’arrête en chemin au Gunung Kawi et ses monuments anciens. Il s’agit d’un des plus grands et des plus antiques monuments de Bali.

Au milieu d’une vallée luxuriante, il s’agit en fait principalement de ruines. Gunung Kawi se compose de plusieurs « candi » (ou autels commémoratifs) creusées dans la falaise. Charles et Lola prient comme les balinais.

Au retour, Lola zieute les échoppes d’artisanat et les balinais prennent la pose avec toujours autant de gentillesse.

Gunung Kawi se situe au sud de Tampaksiring. Un autre temple, le Pura Tirta Empul se situe au nord à quelques kilomètres de là. Stef a évidemment prévu de voir ce monument et ses sources sacrées dans lesquelles les balinais se baignent souvent. Oui, mais voilà, on l’a zappé! Déconcentrée par la batterie de l’appareil photo, on a poursuivi la route. Grrrrrrrrrr.

Lors de notre balade, Gusti nous arrête dans une coopérative d’épices. Nous découvrons notamment des arabicas, des cacaoyers, des arbres à clous de girofles, des ananas et des « snake skin », le fruit du serpent dont la peau est effectivement d’aspect et de consistance très ressemblante avec un serpent.

Nous dégustons des thés au citron et au gingembre, du chocolat local, du moka, mélange de café et de chocolat (excellent !!) et du Kopi. Ce café est le plus cher au monde ! Il faut dire que sa fabrication vaut le détour. Les grains de café produits sur place sont grillés puis mangés et digérés par des mangoustes ! Les crottes de l’animal sont ensuite lavées, les grains de café récupérés et torréfiés. Le résultat est semble t’il exceptionnel et quoi qu’il en soit hors de prix !

La visite de la coopérative est l’occasion pour le producteur qui nous accueille de nous montrer sa maîtrise du français. Il nous fera éclater de rire à plusieurs reprises avec ses blagues et jeu de mots en français ! Il finira de séduire Paolo en l’appelant Harry Potter. Un excellent moment.

Nous arrivons au Gunung Batur en fin de matinée et déjeunons en terrasse avec un panorama splendide sur le volcan, sa « double caldeira » (ses deux cratères l’un dans l’autre) et son lac. Pour la petite info, l’activité du volcan ces dernières années a fait naître plusieurs petits cônes sur son flanc. Des secousses et une activité géologique sont en effet régulièrement enregistrées. On observe d’ailleurs très nettement les traces des éruptions passées, dont la dernière date de 1994.

Nous poursuivons notre route et nous arrêtons un peu plus loin au Pura Ulun Danu Batur. Comme à chaque fois, les enfants revêtent avec un grand plaisir le traditionnel sarong et la ceinture.

On retrouve dans ce temple les « merus » aperçus quelques jours plus tôt. Ce sont nos chouchous à Bali.

Et on assiste à la prière de quelques fidèles, seuls autorisés à pénétrer dans l’enceinte sacrée. Les photos sont pourries car prises avec la caméra…bah oui, la batterie de l’appareil faiblit ! Trop trop dur…

Dans l’enceinte du temple, une cérémonie vient d’avoir lieu et on aperçoit un groupe d’hommes préparer un terrain en terre. Un combat de coqs va se dérouler. Les enfants sont aux anges.

Mélange de sacrifice, de sport et de jeu, les combats de coqs font en effet régulièrement partie des cérémonies dans les temples. Lorsque les festivités commencent, les participants réunissent les deux coqs et leurs attachent une pointe en métal à la patte. Puis les hommes se rapprochent du cercle de combat et lancent les paris. L’atmosphère devient alors électrique.

Les coqs sont jetés l’un contre l’autre. Les plumes volent de toutes parts. Le combat ne dure qu’une trentaine de secondes quand un des coqs s’écroule, en sang. Un peu violent comme « cérémonie ».

Après le combat, on évoque cette tradition avec Gusti. On lui apprend pour l’occasion que le coq est l’emblème de la France et lui, répète avec amusement l’expression « être fier comme un coq ».

On reprend la route en direction d’Ubud et on échange beaucoup avec Gusti qui prend un réel plaisir à nous faire découvrir son île.

Parmi nos discussions du jour : la svastika, dont le symbole figure en pendentif dans la voiture de Gusti. Si l’Asie nous aura offert quelques chocs culturels, la svastika n’est pas la moindre.

Kézako ??? Rien moins que la croix gammée mais pas dans le même sens et surtout pas avec la signification qu’on lui connaît en Europe. On en a vu énormément au Vietnam et à nouveau beaucoup à Bali. Et on se rend compte à quel point le contexte est important.

Ce symbole est notamment utilisé en Orient dans la symbolique jaïne, hindoue et bouddhique  pour symboliser l’éternité. En Occident, le svastika pointant vers la droite et généralement incliné de 45 degrés, a été adopté comme emblème par les Nazis, et acquit dès lors une forte connotation négative qui en a fait quasiment disparaître l’usage en Occident après la seconde guerre mondiale.

On peut décrire la svastika comme une croix  composée de quatre potences prenant la forme d’un gamma grec en capitale, d’où son autre appellation de croix gammée.

Aucune gêne ici, même en temps qu’européen, à voir ce symbole partout présent dans les temples, mais il est inconcevable de le ramener en Europe pour le mettre en décoration dans une maison comme souvenir ! Un regret : ni Stef ni Charles ne se souviennent avoir appris à l’école la signification originelle de la svastika. C’est pourtant très intéressant de comprendre comment et pourquoi un dictateur s’empare d’un symbole positif universel pour en faire un instrument de terreur.

Sur le chemin du retour, on s’offre de magnifiques paysages de rizières. On y observe un enfant jouant avec son cerf-volant, activité reine de Bali. On achève ici notre batterie avec ces dernières photos, il est temps de rentrer.

Merci Gusti pour cette superbe journée.

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3 commentaires »

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  1. On compatit avec Steph mais on continue d’en profiter quand même.
    Super d’avoir de nous avoir raconté la véritable signification de la svastika comme symbole d’éternité. Il semblerait qu’Hitler se soit servi du svastika indien comme symbole des ariens, comme quoi tout beau symbole peut être détourné de sa 1ère vocation.
    Bz

  2. coucou,

    agrrrrrrrrrr, oui, heureusemenr que c’est à deux semaines avant le retour et non pas deux semaines après le départ!!

    pour la svastique, c’est comme ça que ça s’appelle en polonais alors j’ai trouvé sans problème (swastyka) par contre pour ce qui est d’Hitler, je sais que, comme qu’il détestait les Russes et que la croix gammée était le symbole qu’on trouvait aussi en URSS (sur les billets de banque par ex) il voulait s’aproprier ce sigle comme le sien.. enfin, on ne sait même pas si c’est vrai…
    bisous

  3. Bonjour les cousins

    heureusement que cette mésaventure ne vous est pas arrivée au début !!
    nous avons bien profité de ses « dernières » photos
    simon fait « ouah », « trop de chance » derrière moi a chaque photo il demande » quand est ce qu’ils rentrent » il a bien compris l’intérêt pour hitler de prendre un symbole d’éternité

    a très bientot

    biz


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