Tokyo

23 mai 2010 à 11:35 | Publié dans Japon | 2 commentaires

Japon nous voilà!

Ca commence très bien, le Boeing de la JAL est le plus bel avion depuis le départ, le plus clean et le plus confortable. Le vol est parfait, aucune turbulence et c’est tant mieux, car plus on vole et moins on est tranquille (les parents parce que les mômes pour eux c’est comme de prendre le bus). On a même droit à un apéritif avant l’atterrissage. Non pas un Martini, il est 5 heures du matin (!) mais un apéro paysager avec le sommet du Mont Fuji qui nous salue de par dessus les nuages. Konishiwa Japan !

L’aéroport de Tokyo Narita est à l’image de l’avion, ultra clean, aseptisé. On fait connaissance avec les inscriptions en japonais, fort heureusement doublées en anglais. Charles trouve d’emblée une familiarité avec le japonais parlé, la prononciation est claire, les syllabes bien marquées, c’est une langue très agréable à écouter malgré son côté « carré ».

On échange nos « Japan Rail Pass » qui vont nous permettre de voyager en train en mode « illimité » pendant 3 semaines.

Et c’est parti pour le premier challenge : rejoindre l’hôtel depuis l’aéroport sans se paumer ! Comme dans du beurre, l’auberge de jeunesse nous a concocté un itinéraire à suivre à la lettre et c’est plus précis qu’un GPS. On se pointe à 10h après une très très courte nuit en sachant qu’on ne pourra prendre la chambre qu’à 17H. On va puiser (encore !) dans nos réserves et récupérer plus tard. Sauf qu’au moment de payer (on paye en arrivant à l’hôtel au Japon), on nous annonce que celui-ci ferme tous les jours de 10h à 17h, interdit de rester dans la piaule, raouste, tout le monde dehors ! Gloups, à 110 euros la nuit, ça passe mal… Vient ensuite le cérémonial des chaussons. On quitte les chaussures dans l’entrée et on met une paire de chaussons pour entrer dans l’hôtel, et on change encore de chaussons pour aller dans les salles de bains. C’est le pied !

La salle commune de l’auberge ferme à 9h30 le matin, les douches c’est entre 6h30 et 9h00 et à partir de 17h juqu’à 23h etc etc… On apprend très vite une facette très importante du Japon : les règles.

C’est pas du tout ça mais il faut occuper notre journée jusqu’à 17h. Coup de bol, nous sommes pile poil dans le quartier où se déroule précisément ce weekend, un Matsuri. Le Matsuri est une fête très populaire où le public vient assister à une procession d’autels portés par les « fidèles » quasiment en transe qui avancent en cadence et au son de tonitruants « HHHASSSA » qu’on a compris comme étant ou des encouragements ou des incantations.

C’est noir de monde, les hommes sont en kimonos légers et … en slip avec des espèces de chaussures molles en forme de pied de cochon !

Attention en traversant la route, voilà un char romain tiré par … un japonais au galop (et toujours chaussé de pieds de cochons). Ce sont en fait des conducteurs de jinriksha en habits traditionnels qui proposent de nous balader autour des temples.

On a beau être fatigué de notre nuit d’avion, on a les yeux comme des billes devant ce brusque changement de culture. Passer de la randonnée à Sapa au Matsuri d’Asakusa, c’est le grand écart.

On profite de l’après midi pour pousser jusqu’au parc de Ueno où les enfants profitent d’un mini playground dont on s’apercevra les jours suivants que c’est une rareté à Tokyo.

Les futons sur lesquels on dort sont très confortables, les tatamis aussi et les cloisons japonaises qui séparent les chambres ont un certain style … mais pas le style isolant. Stef profite ainsi jusqu’à 4 heures du matin de la conversation animée des 4 jeunes japonais de la chambre voisine.

Le lendemain, c’est dimanche et comme à Bamako, jour de mariage ( merci Amadou et Mariam). Mais pas le mariage à l’occidentale, le mariage traditionnel, célébré au parc Yoyogi, dans le temple Meiji-jingu. C’est totalement en adéquation avec ce qu’on peut imaginer du Japon ancien. Extrêmement ritualisé, solennel, coloré, maquillé, silencieux. Et quelle épreuve pour la mariée ! Elle est très belle certes, mais comment fait elle pour marcher, emprisonnée dans un kimono lui enserrant les jambes ?  Vous connaissez le jeu du chou fleur pour « faire les équipes » avant un match de foot ? Pareil pour la mariée, elle avance d’un pied à chaque pas.

Le maquillage, la coiffe et le kimono de la mariée sont d’un grand raffinement. L’homme est vêtu d’un montsuki et d’un haori, le kimono traditionnel et la veste par dessus.

Le maître de cérémonie est au diapason. Ses sabots aussi !

A la sortie de ce même parc, à Harajuku, on passe d’un extrême à l’autre. C’est le point de rendez vous des ados pour le weekend , bye bye les uniformes scolaires stricts et étriqués, hello les délires trashs en tout genre. Les filles deviennent poupées, les garçons ont mis les doigts dans la prise. C’est du grand n’importe quoi pourvu qu’on se fasse remarquer et qu’on échappe à l’ordre japonais. C’est évidemment très curieux à voir.

Des jeunes proposent même des « free hugs » (« étreintes gratuites ») aux passants…zarbis ces japonais!

On peut quand même être un peu déçu par le côté « spectacle ». On pensait que c’était une démarche plus individuelle de montrer sa différence, on assiste plus à une représentation théâtrale qui manque un peu de sincérité.

On déambule dans la Takeshita dori (« dori » signifie « rue »), où les boutiques pour les midinettes pullulent puis on descend vers Shibuya où nous attend un spectacle de danse et des rues aux affiches mangas géantes. Musique à fond, salles de jeux. Difficile à supporter pour des trentenaires confirmés.

La journée du lendemain et plus calme. Après avoir recherché désespérément un DAB de la BNP Paribas pour limiter nos dépenses japono-astronomiques, nous arrivons près du Palais impérial dont l’intérieur est interdit au public mais que l’on peut apercevoir depuis les jardins. Là encore quel contraste ! D’un côté le calme du palais endormi et de ses jardins, au centre une immense esplanade et des bassins, et de l’autre côté les buildings et la frénésie de Tokyo.

Plus tôt on avait fait chou blanc au Sony building situé dans le quartier de Ginza. Un coup de règle sur les doigts pour le Lonely Planet qu’on devra informer : le 6ème étage réservé aux enfants c’est FI-NI ! On se rattrape en fin d’après midi en rejoignant le Hakuhinkan Toy Park, immense magasin de jouet sur plusieurs étages où les enfants se régalent. Paolo se prosterne devant les Legos, Lola fait le plein de couleur rose, Stef continue sa collecte de mini-cadeaux (chuuuut) et Alexis reste scotché devant un fantastique circuit de voitures à en faire baver nos potes Lolo et Leny !

Tiens ça sent l’poiscaille ! Non votre PC n’a pas la fonction odorat, vous n’avez pas non plus laissé une brandade de morue sur la table du salon depuis 3 jours, c’est juste des relents imaginaires de notre passage au marché de Tsukiji! Incroyable. Mais comment la mer peut-elle fournir autant de poissons, à commencer par ces centaines de thons rouges, c’est inimaginable ?! Les deux courageux du matin Paolo et Charles ont tenu à visiter ce haut lieu de Tokyo et n’ont pas été déçus. Même s’il aurait fallu arriver dès 5 heures du matin pour la criée aux poissons, on a quand même assisté entre 7 et 8h au balai incessant des transporteurs entre les allées, vu la découpe à la scie des thons congelés, et admiré la multitude d’espèces de poissons, coquillages, mollusques et autres z’animaux de la mer du Japon. Trop marrantes les japonaises assises dans leur guérite, dans l’attente du coup de fil annonçant une nouvelle commande. On est affolé devant les prix d’un mini carré de thon. Et encore, on n’est pas au resto ultra classe qui va le servir au hommes d’affaires pour le déjeuner.

Tokyo, c’est aussi Electric Town, dans le quartier Akihabara. Si vous cherchez un mini-tournevis de 0,372 mm avec manche ergonomique, une multiprise à exemplaire unique, 36000 sortes de cables, c’est là que ça se passe ! Et des salles de jeux, toujours et encore, surtout de Pachinko, le flipper revue et corrigé par les japonais. Et, des magasins entiers consacrés à la culture manga. D’immenses panneaux de pub sur les devantures présentent des scènes de mangas. Charles se dit trop vieux pour comprendre ( n’importe quoi ) mais ça réveille tous les souvenirs de dessins animés de Stef! Comme à Harajuku, on trouve des adulescentes habillées en soubrette (limite mauvais goût) devant les magasins pour distribuer des prospectus et appâter le chaland.

On poursuit l’après-midi vers le quartier de Shinjuku, ses affiches lumineuses et ses jeux encore et toujours.

On termine notre journée dans une toute autre ambiance au 36ème étage de la tour du gouvernement de Tokyo. Vue panoramique gratuite sur la ville.

Le dernier jour, avant de rejoindre Ryogoku et  son tournoi de Sumo pour lequel on trépigne d’impatience, on emmène les enfants au Miraikan, le musée des sciences nouvelles au sud de Tokyo. Pour nous y rendre, on emprunte la ligne de métro aérien entièrement automatisée qui nous offre une belle vue sur la baie de Tokyo.

Le musée enchante les mômes. Ils pilotent un robot depuis une capsule 3D, font des grimaces devant des cellules photos, écrivent sur une palette graphique magique, jouent aux jeux électroniques, restent bouche bée devant une chimiste démontrant les secrets des matériaux super-conducteurs. La réussite de la visite aurait été totale si on n’avait manqué la démonstration en live du célèbre robot ASIMO. Paolo se fera quand même immortaliser avec le Nono de son époque (mais si, Ulysse … « salut c’est moi Nono, j’suis le petit robot, l’ami d’Ulysse » etc…)

Cinq jours à arpenter la capitale nippone et ses contrastes. Tokyo, c’est la cohabitation permanente entre deux opposés: le jeu et l’ordre. Un regret peut-être, ne pas avoir fait « Tokyo by night » (peut-être en fin de séjour).

A suivre aussi d’ici la fin de notre séjour, un article « Japon pratique » .

Et le must reste à venir, Yokosunas, nous voilà !

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2 commentaires »

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  1. alors ici, c’est vraiment le top!! le dépaysement total, les contrastes, c’est ce que je pensais du Japon et je vois que je ne me suis pas trompé!!
    nous, ce matin, on a visité le parc de la Perraudière, pas trop insolite mais bon, on n’a pas mieux dans le coin, on fait ce qu’on peu!! On a pris un Scénic pas ultra aseptisé, on a mis nos sandales (une seule paire, pas besoin d’en changer) et en plus, on a pu entrrer au parc à midi!!! Oui, oui!! j’vous l’jure!!
    vous voyez bien, c’est galère ce Japon, REVENEZ ici!!!!!!!!!!!!!!
    gros bisous ensoleillés,
    la bande à petit Agassi

  2. Bonjour,

    Dans le dernier numéro (avril) du National Géographic, la rubrique « Explorer » (je n’ai pas trouvé de lien internet pour cette rubrique) fait découvrir en trois pages une facette du Japon côté nature, en total contraste avec le Japon côté Tokyo. Voic quelques lieux décrits :
    -L’île de Yonaguni Jima au sud (cité perdue sous-marine)
    -le lieu saint de Koyasan, dan sla pénisule de Kii (route d’un pélerinage bouddhiste de la Choishimichi avec les 180 stupas en pierre de 5 étages).
    -Miyajima, et la mer intérieure de Seto (excursion en kayak avec passage du Torii rouge)
    -la péninsule de Noto au centre de l’île de Honshu (balades en vélo en admirant les rizières)
    -le parc national de Daisetsuzan, sur l’île de Hokkaido (le mont Kuro et son sommet aplati).
    Voici quelques prévisions pour la semaine qui vient pour Tokyo et sa région :
    http://www.jma.go.jp/en/week/319.html

    A bientôt


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