Le tour de la Grande Terre

8 avril 2010 à 08:00 | Publié dans Nouvelle Calédonie | 2 commentaires

Bienvenue en Nouvelle Calédonie !

D’abord un petit historique. Nous devons  à la Nouvelle Calédonie l’idée de notre tour du monde. Voici 2 ans, 2 postes professionnels à Nouméa étaient vacants et nous avions postulé dans l’espoir d’y passer 2 ans. De mutation, il n’y eut pas mais le virus du grand large était désormais en nous. D’où l’idée de ce tour du monde, avec un passage obligé en Nouvelle Calédonie, dit le « Caillou », un peu comme une revanche. On ne manquera d’ailleurs pas de passer à la Direction territoriale Jeunesse et Sports pour rendre visite à un collègue, Gilles, qui a la gentillesse de nous prêter du matériel de camping. Nous croisons à cette occasion l’immense championne cycliste Félicia Ballanger qui travaille ici.

Nous passons 3 semaines sur le caillou, dont la seconde partie avec notre amie Virginie et son fils Leny. Après quelques jours à Nouméa (article en fin de séjour), nous louons une voiture afin de réaliser le tour de la Grande Terre en 9 jours.  Nous voulons de la brousse! Au programme, montée par l’ouest jusqu’à la pointe nord de l’Ile, puis traversée d’ouest en est et visite de la côte est.

Dès le départ nous sommes scotchés sur les bulletins météo. Nous venons juste d’éviter le cyclone Thomas qui a préféré se jeter sur la côte australienne, mais il a laissé quelques dépressions en route et le soleil se fait très rare depuis notre arrivée.

Notre première étape se situe à Bourail. Outre le plaisir de retrouver la vie en camping face à l’océan, nous découvrons la plage de la Roche Percée où viennent pondre les tortues. Sur la photo ci-dessous, on peut apercevoir les casiers qui correspondent aux lieux de nidification et doivent être protégés.

On s’offre une petite balade d’une heure qui nous permet notamment de profiter d’un rocher dénommé le bonhomme. On observe également la baie des tortues et la baie des amoureux.

En soirée on passe sur la plage avec nos lampes frontales en espérant voir les tortues mais visiblement elles sont déjà venues pondre depuis 2 mois. Tant pis !

On reprend la route dès le lendemain, non sans avoir barboté sur la plage et profité d’un petit snorkelling. L’eau est très peu profonde, on voit quelques jolis poissons dont des poissons clowns. En revanche à cet endroit le corail est assez pauvre et peu coloré.

Notre seconde étape est censée être un grand moment puisque nous nous dirigeons vers le mondialement célèbre cœur de Vôh. Cette merveille naturelle a fait l’objet de la couverture du livre de Yann ARTHUS-BERTRAND, « La terre vue du ciel ».

Première surprise, aucune mention à l’approche du village de ce fameux cœur. Nous sommes dimanche après midi, le village est désert. Nous nous dirigeons vers l’aire de camping municipale : fermée ! Quelques mètres plus loin, nous nous arrêtons et demandons des renseignements à deux habitants. Et on se fait envoyer promener. Nous ne sommes pas les bienvenus, c’est une évidence. C’est notre première situation de stress par rapport à une population. On avait déjà ressenti une certaine tension  et l’auberge de jeunesse de Nouméa nous a indiqué deux zones du territoire à ne pas fréquenter, mais ici c’est franchement hostile. On s’accroche quand même à notre désir de voir le cœur et on se dirige donc vers la mairie où une personne nous explique que le camping est fermé suite à des agressions envers les touristes. Elle nous explique aussi que les différentes communautés de Vôh sont en conflit.

On ne prend donc aucun risque et on poursuit notre route au Nord vers Koumac, sans avoir approché le fameux cœur. La déception est grande.

On remonte un peu plus vers le nord et on observe les montagnes qui semblent littéralement pelées par l’exploitation du nickel. Au milieu du vert, on distingue les grandes traînées rouges-brun.

Après quelques recherches nous finissons par trouver le camping de Koumac où l’accueil est plus chaleureux. Ouf !

Notre camping donne sur un coin de pêche au filet. La vue est superbe et on passe un moment à admirer les pêcheurs à la tombée de la nuit, qui scrutent la surface de l’eau avant de lancer leur filet sur les bancs de poissons.

Le lendemain nous rejoignons l’extrême nord avec une bonne portion de piste qui nous mène à Poum (oui, oui le Poum de Koh Lanta) qu’on délaisse pour le Relais de Poingam. Nous sommes (enfin) séduits par ce que nous voyons et vivons. Les paysages, la mer turquoise et les gens qui nous accueillent, tout est calme et paisible ici, un vrai bonheur après une montée par l’ouest décevante.

Nous décidons de rester 3 jours au relais. La gérante est experte des plantes tropicales et soigne Lola (qui se fait piquer par une méduse) et Alexis (victime d’une irritation due à l’arbre acajou) avec de l’Aloe Vera coupée fraîchement devant nous. Notre sécurité est également assurée par deux chiens qui dorment devant notre tente la nuit, veillent sur les enfants quand ils se baignent (ils éloignent les raies) et nous accompagnent lors de notre randonnée sur la colline derrière le gîte.

Nous n’oublions pas l’école, le faré faisant office de salle de classe. Lola est laissée plus libre et profite de la piscine d’eau de mer.

Nous reprenons la piste jusqu’au Boatpass, représentant le bout de la grande terre puis la transversale nord et roulons jusqu’à Hienghène.

Pour rejoindre Hienghène, nous traversons une belle végétation puis nous passons par le bac de la Ouaième, le dernier de l’île.

La baie de Hienghène est très belle et le point de vue sur la « poule couveuse », rocher posé sur l’eau à la sortie de la baie est remarquable, même par temps gris.

C’est la première commune que nous ressentons réellement organisée pour le tourisme. C’est aussi la commune où vécut le leader Kanak Jean-Marie TJIBAOU.

Nous campons « Chez Babou », un centre de plongée dotée d’une aire de camping face à l’océan, et d’une connexion wifi !

Nous faisons connaissance avec Rudy, un français passionné de plongée sous marine. Son dictionnaire des poissons des récifs va nous permettre de donner des noms aux poissons que nous admirons lors de nos séquences snorkeling (randonnée palmée en français !). Un matin Rudy revient de sa propre randonnée palmée et nous annonce avoir croisé un requin tête blanche long de 2 mètres. Après consultation de son dico, nous faisons plus ample connaissance avec ce requin: tenace et potentiellement agressif. Gloups ! Paolo voudrait le voir, papa est beaucoup moins motivé !!!

Hienghène est aussi l’endroit où nous projetons une visite en tribu. Ce sera la tribu Werap dans laquelle nous programmons une initiation tressage, un déjeuner traditionnel avec le fameux bougnat, et une initiation à la pêche à la crevette. Les enfants sont impatients et nous arrivons dans la tribu curieux de découvrir une autre culture.

La déception sera grande. Nous aurons le sentiment désagréable de n’être que des porte monnaies. L’accueil est froid, nous déjeunons entre nous comme au restaurant, nous n’apprendrons que très peu de choses de leur culture en dehors d’un vieil homme très gentil nous expliquant la fabrication de la monnaie kanak et d’une dame tressant des paniers avec des feuilles de cocotiers avec les enfants. L’initiation à la pêche à la crevette n’est qu’une ballade en forêt, assez périlleuse pour les enfants , nous menant à un trou d’eau où nous jetons du pain à deux écrevisses. Nous aurons malgré tout le plaisir de découvrir la végétation locale, avec notamment les bananiers,  les pousses de manioc et les cocotiers.

La prochaine étape nous conduit à Poindimié, où nous profitons de la très belle plage de Tiéti. Les enfants se font de nouveaux amis.

Le soir nous campons à l’embouchure à Ponérihouen sous une pluie battante mais un ciel magnifique.

La fin de notre tour de la grande terre approche. Nous reprenons une route transversale d’Est en Ouest et faisons une dernière halte au refuge de Farino. A défaut de cascade et surtout du parc des fougères juste à côté, nous y admirons … la cabane cuisine, vu qu’un orage a éclaté 5 minutes après avoir planté la tente et a duré tout l’après-midi. Le lendemain, retour sur Nouméa, avec de beaux paysages sous la brume.

Nous sommes dans un premier temps perplexes par notre tour de la Grande Terre, partagés entre déception et interrogation. Les interrogations suscitées pendant notre séjour prennent le pas et après notre retour, nous partageons nos impressions à de nombreuses reprises et apprenons beaucoup de choses sur l’histoire de l’île et son évolution ces 20 dernières années. Les avis et ressentis sont partagés entre les kanaks (mélanésiens), les « caldochs » (autres ethnies que mélanésiens nés en Nouvelle Calédonie) ou encore les métros ou zoreilles (nous quoi !), mais ne laissent en aucun cas indifférents. Nous ne nous sentons pas simplement touristes puisque la Nouvelle Calédonie est une une ancienne colonie française. Et une fois de plus, les aspects culturels font partie intégrante de notre voyage. Entre autre chose, on a compris que le nombre de touristes a évolué très rapidement ces dernières années, trop certainement, et paradoxalement, on se sent pourtant bien loin de l’île tournée vers le tourisme. Au contraire, a t-on envie de préciser, mais sans juger.  Bref, une première approche de la Nouvelle Calédonie qui ne nous laisse pas indifférents, et qui mériterait, comme nous l’ont conseillé plusieurs personnes, une immersion plus longue pour bien prendre la mesure de la culture calédonienne au sens le plus large possible.

Au retour de la Grande Terre, nous accueillons nos amis Virginie et Leny. L’arrivée a lieu à l’aéroport de Tontouta à 23h. Les fuseaux horaires sont pour eux totalement inversés, mais même après 30 heures d’avion, ils sont frais comme tout et 8 mois après notre départ, les retrouvailles sont géniales. Nous prions pour qu’ils aient apporté le soleil avec eux et que l’Ile des pins tienne toutes ses promesses.

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2 commentaires »

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  1. ah, quel plaisir de vous lire et quel plaisir de vous voir en photo, en plus en prime avec Virginie et Lény!!
    je vois que Lola a bien trouvé ses repères, pieds nus, comme une fille de là bas 🙂 elle se fond bien dans le paysage

    comme d’hab, les vues magnifiques, des couleurs attirantes, tout est beau et devant mon écran d’ordi, tout à fait sécurisant 🙂
    gros bisous

  2. Impossible de vous envoyer du soleil, ça manque ici ! Bonjour à tous, ça fait tt drôle de vous voir avec Virginie et Lény !!! A bientôt.
    R


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