Notre Japon pratique et anecdotique
11 juin 2010 à 02:33 | Publié dans Japon | 6 CommentairesPasser du Vietnam au Japon, ohlalala, quel choc! Ce n’est pas compliqué, les deux pays sont aux antipodes!
Le Japon est un pays occidental et pourtant il est différent…pas pareil quoi. Il n’y a pas un Japon mais des Japons.
Les japonais ont une culture très particulière, faite de règles et de contraintes, et en même temps empreinte de beaucoup de fantaisies. Ce pays est tout en contrastes et contradictions. C’est très étrange et ça nous laisse souvent perplexes…et amusés.
C’est quand même troublant de passer d’un mariage en tenue traditionnelle aux “vêtements” déjantés des jeunes le dimanche, de croiser des hommes en costume-cravate avec des peluches accrochées à leur téléphone portable, de rencontrer dans la rue des femmes habillées en kimono traditionnel ou des jeunes filles habillées (déguisées) en poupée, d’observer les hommes d’affaire stressés le matin à saluer 100 fois leur patron et de les retrouver en train de s’éclater au Pachinko comme des dératés en fin de journée, de passer de la folie ultra moderne de Tokyo à la culture traditionnelle et zen de Kyoto, de voir en vrai des sumos et des geishas, d’écouter les musiques très enfantines qui accompagnent les annonces dans les gares ou les métros quand tout le monde semble si sérieux, silencieux et ordonné, d’assister à la représentation de geishas puis quelques jours après à celle d’un spectacle complètement loufoque de japonais surexcités, de dormir dans un temple et sur des futons, d’entendre “merciiiiiii” 250 fois par jour et voir tous les japonais se courber en permanence sur son passage…
Le Japon est à la fois un film et un dessin animé, sérieux et fantaisiste, moderne et traditionnel.
La propreté au Japon
C’est la première chose qui nous a frappé ici. Le Japon n’est pas propre (l’Australie est propre) mais carrément aseptisé. Pas une poussière rencontrée en plus de 3 semaines! Tout est nickel absolument partout, mais à un point même pas imaginable!
Dans les hôtels, il est interdit de circuler avec nos chaussures, des chaussons sont mis à disposition des clients. Mais on doit les quitter pour marcher sur les tatamis et encore en changer pour passer de la chambre à la salle de bain.
Dans les métros ou les gares, on voit en permanence des employés nettoyer les escaliers, les quais etc…On a même halluciné de voir toute une rangée d’employés attendre l’arrivée du prochain train : un par porte! En 2mn chrono, le train est nickel. D’autant plus que dans le train lui-même, une hôtesse passe toutes les 30mn pour ramasser nos déchets…pas une miette.
Et dans le même temps, on a du mal à trouver des poubelles dans la rue…Les japonais conservent leurs déchets dans des sacs en attendant LA poubelle.
La politesse au Japon
Au Japon, on ne dit pas « merci » mais « merci-beaucoup-infiniment-c’est trop gentil-merci encore-merciiiiiii », le tout répété en continu et agrémenté de courbettes bien prononcées (et répétées elles aussi). Leur « arigato gosaïmaaaaaasssss…. » est LA petite musique qui nous reste dans la tête à la fin de notre séjour.
Quand on rentre dans un magasin, on a droit à des « merci-etc… » pendant tout le temps de nos achats, quand on paye et jusqu’à notre sortie, et ce, par les trois employés du magasin qui manquent chaque fois de se cogner la tête contre le comptoir tellement ils se baissent pour nous saluer…C’est assez incroyable à vivre.
Les japonais remercient et saluent tout le temps. Le contrôleur de train salue les passagers en entrant et en ressortant de chaque wagon, les employés saluent leur patron plusieurs fois en s’adressant à eux dans la rue, même l’ascenseur nous remercie de monter avec lui!
Se nourrir pour pas (trop) cher au Japon
Vous ne lisez pas le japonais? Pas de souci, les plats sont exposés en vitrine. Comme ça, on voit ce qu’on va manger et il suffit de montrer du doigt le plat qu’on choisit. Ce n’est pas très poli mais c’est pratique.
On trouve en vente partout des plateaux-repas à base de sushis. Ces plateaux sont très prisés par les japonais eux-mêmes. Une formule sympa, le bento, un plat bon marché. Il existe même des distributeurs de plateaux-repas! Vous choisissez votre plat, vous payez et vous allez chercher le plat auprès d’un serveur qui a tout préparé en deux temps-trois mouvements. Efficacité rime avec japonais.
Le must reste quand même les restos où l’on mange assis (ou debout) et où l’on voit tourner les fameuses assiettes de sushis.
Une confidence : on n’est pas hyper fans des sushis.
Autre confidence : Stef ne peut plus voir les noodles en peinture. Du coup, on fait menu séparé.
Globalement, la cuisine vietnamienne a notre préférence par rapport à la cuisine japonaise.
L’ordre japonais
Dans le métro, les gens attendent derrière des lignes marquées au sol et en file indienne. Pas un pied ne dépasse! Oui, le français a du boulot…
Les feux japonais durent très longtemps, on peut ainsi traverser en toute tranquillité, c’est bien. Mais quand on est dans un endroit paumé et qu’aucune voiture n’est visible à l’horizon, on a beaucoup de mal à ne pas traverser, même si le petit bonhomme est encore rouge…Aucun japonais ne ferait ça!
Les jeux
Les japonais aiment jouer dans les salles de jeux. On en trouve partout. C’est étonnant d’observer le cadre en costume-cravate tenter d’attraper une peluche entre midi et deux…Ceci dit, c’est un exutoire comme un autre…Le jeu le plus populaire est le Pachinko, dont des salles lui sont dédiées spécialement. C’est un mix entre la machine à sous et un flipper vertical. Les joueurs achètent des billes de métal qu’ils introduisent et projettent dans un circuit vertical afin de gagner d’autres billes. Ces dernières sont échangées contre un prix.
Nos dessins animés japonais
On se rend compte en étant ici à quel plein TOUS nos dessins animés d’enfance sont japonais!
A chaque coin de rue, les références fusent:
« Oh regarde, les lycéens portent les mêmes habits que dans « Jeanne et Serge »!
« Oh regarde, les écoliers ont le même cartable que dans Olive et Tom ».
« Oh regarde, la voiture rikiki et en forme de rectangle!”. On a même plusieurs fois reconnu le chauffeur avec la casquette qui lui tombe sur les yeux et dont la tête ne dépasse pas le pare-brise… »
- « Oh regarde, toutes les dames qui tiennent un commerce portent un foulard sur la tête comme la maman de Lucile (de “Embrasse-moi Lucile”, m’enfin!!). Bon ok, dans le dessin animé, c’est le papa de Lucile qui porte le foulard mais bon…
- On a même vu le papa d’Actarus! Mais siiiii, le petit vieux tout chauve (enfin, avec 3 poils sur le crâne), avec les yeux presque fermés et les dents en avant et hyper écartées!
Le Japon est un remake de notre enfance, c’est trop bien. Tous les adulescents qui se respectent doivent absolument venir ici au moins une fois!
A part ça et dans le désordre
- On a aperçu le lundi matin, celui qui qui nous a semblé être le patron (ou manager) en train d’«accueillir» ses employés ou plutôt les inciter à se dépêcher. Comme ça, dans la rue. Avec les courbettes.
- Partout sur les trottoirs, sur les quais, dans les métros etc…des chemins sont tracés pour les aveugles. Et très souvent, le braille est utilisé (dans les ascenseurs, pour les plans etc). On trouve ça super bien.
- Dans le même état d’esprit, on a pu constater avec quelle facilité les personnes en fauteuil roulant prennent les transports en commun. Que ce soit dans les bus, les métros ou les trains, tout est organisé en un temps record pour que le fauteuil accède puis prenne sa place dans le transport. Les sièges du bus se plient et des passerelles (automatiques ou manuelles) sont utilisées. On avait constaté la même efficacité aux Etats-Unis.
- Le Japon est silencieux. Que ce soit dans un temple, dans le métro ou dans la rue un samedi dans un quartier populaire blindé de monde, il n’y a pas de bruit.
- Les chaussettes en “pied de cochon” sont très répandues…Tout le monde en porte en fait.
- Les japonais circulent beaucoup à vélo. Mais ici, les vélos partagent le trottoir avec les piétons.
- il nous a semblé que les Kyotoïtes étaient plus décontractés que les Tokyoïtes.
- Messieurs les japonais, oubliez les cheveux longs. Ca nous fait le même effet que les films de samouraïs à la télé…C’est à mourir de rire!
- On a croisé de nombreuses personnes âgées, non pas voûtées mais carrément pliées en deux. A quoi est-ce dû?
- On rencontre très souvent dans la rue des femmes en kimono traditionnel.
- Les japonaises marchent les pieds vers l’intérieur.
- La star ici est incontestablement Hello Kitty. Elle est absolument partout. Sinon, Stich (de Lilo et Stich) est bien placé. On est complètement à la page en France en fait…
- Tout japonais qui se respecte a un, deux ou dix doudous accrochés à son sac ou son téléphone portable. Même les hommes d’affaire hyper sérieux dans leur costard-cravate ont leur petite peluche rose-bonbon accrochée à leur téléphone portable!
Les japonais aiment aussi beaucoup les grelots, ils en mettent partout avec leurs « doudous ».
- On a adoré la beauté des chambres japonaises et dormir sur des futons. Le style est épuré, l’espace hyper bien optimisé. Et quand on a en plus les portes coulissantes et le jardin japonais autour, c’est le top. Charles veut une grande chambre japonaise et des futons dans notre prochaine maison, c’est dire…
- Les japonais sont incapables d’être pris en photo sans faire le signe du V de victoire. On n’en a pas vu en tout cas…
- Le très design Shinkansen (le TGV local) est ultra rapide, ultra ponctuel, ultra propre et ultra spacieux. On est en 1ère classe, sauf que non. Un truc génial aussi, les sièges se tournent tous pour être systématiquement dans le sens de la marche. Et une hôtesse passe régulièrement pour nous proposer des en-cas (comme dans l’avion ou au cinéma avant le film…jadis).
- S’il reste moins systématique qu’au Vietnam, le port du masque reste malgré tout fréquent. On rencontre également beaucoup de femmes qui se protègent du soleil avec une casquette XXL ou une ombrelle.
- Le culte des mangas n’est pas un mythe. Partout des affiches, des effigies et des livres mangas.
- Le karaoké est culte au Japon. Imaginez Abba en japonais…
- Info spéciale Torii, un incontournable du pays. Un torii (litt. « là où sont les oiseaux ») est un portail traditionnel japonais. Il est communément érigé à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste, afin de séparer l’enceinte sacrée de l’environnement profane. Du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un temple doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde réel. Il n’est pas rare de voir des japonais contourner un torii lorsqu’ils ne pensent pas repasser plus tard par cet endroit. (merci Wikipédia).
- Au Japon, il n’y a pas d’aires de jeux pour les enfants ou alors très peu.
- On a été impressionnés par le nombre incroyable d’écoliers et d’étudiants en visite dans les temples ou les sites touristiques. On est en mai, c’est la période des sorties scolaires, mais quand même…
- On a du mal à trouver un banc pour s’asseoir dans les parcs ou même en ville. Les japonais ne s’assoient pas! On était de vraies attractions lorsque les enfants s’affalaient au milieu des sacs dans le métro ou pire encore, quand on s’asseyait tous sur un muret pour manger notre “repas” du midi. Faites donc manger des sushis à des enfants en marchant vous !
- La pauvreté n’est visible que la nuit. A Tokyo, en début de soirée, les SDF apparaissent comme des ombres. Des hommes, assez âgés, parfois sous alcool, invisibles le jour, investissent les abords des stations de métros pour passer la nuit.
Voilà pour le petit compte rendu sociologique japonais. C’est un pays paradoxal, enfantin et paternaliste, ordonné et déjanté, traditionnel et ultra moderne, mais où semble régner une certaine harmonie.
Nous volons maintenant vers Bali, notre dernière escale avant le retour en France, dans 3 semaines seulement.
Tokyo 2, le retour
9 juin 2010 à 04:11 | Publié dans Japon | 4 CommentairesAprès la suite royale au temple de Zenkoji, retour à Tokyo pour nos deux dernières nuits japonaises. Nous les passerons … en cellule ! Oui, oui, notre chambre a tout d’une cellule de prison : tout béton, une porte blindée, un couloir grillagé. Ah ! si, un détail. Il faut payer : 120€ !!!
Si jamais on avait oublié que le Japon était cher, là on s’en souvient bien… Pour la petite histoire, depuis le début du tour du monde le prix d’une nuit varie de 6€ (à la baie d’Along) à … 120€ ici-même.
Heureusement, les matons organisent un petit spectacle pour remonter le moral des prisonniers, donné par deux japonais surexcités. C’est comme on se l’imagine, loufoque, marrant (la vidéo à voir prochainement).
On se balade au temple Senso Ji, situé juste à côté de l’auberge. Celui-là même où se déroulait le Matsuri à notre arrivée au Japon. On le re-découvre, sans festival cette fois. Et il est magnifique.
On observe avec toujours autant de plaisir les différents rituels qui entourent l’entrée dans l’enceinte sacrée du temple et on déambule tranquillement dans les allées commerçantes aux abords du temple.
On s’offre également le fameux resto “des sushis tournants”. C’est notre attraction du jour. Les assiettes passent plusieurs fois devant nous avant qu’on comprenne le système. Les prix sont affichés par couleur d’assiette pour se repérer et on paye le nombre d’assiettes attrapées au vol. Le cuistot au milieu à pour rôle de réapprovisionner le tourniquet et c’est là que c’est pô juste! On prend les assiettes qui nous plaisent mais de nouvelles avec des mets appétissants apparaissent à chaque fois! Dur de s’arrêter…
On va faire un tour dans une salle de jeux, les enfants se défoulent un peu et on retourne à l’auberge.
Sauf Charles, qui part découvrir Tokyo de nuit. Pour une quête. Charles fait une fixette depuis plusieurs années sur la scène de “Lost in translation” où Scarlett Johansson, en petite tenue, s’assoit sur le rebord de la fenêtre de sa chambre d’hôtel avec vue imprenable sur Tokyo. Définitivement culte !!!
Donc Charles veut voir le Park Hyatt hôtel de Tokyo, et si, par bonheur, Scarlett Johansson est dans le coin, il tapera volontiers la causette. A défaut, il acceptera volontiers de boire un whisky avec Bill Murray et son allure spleenée (culte aussi !).
Le Park Hyatt est bien là, les acteurs, non. Mais Charles peut quand même jeter un regard en l’air, la scène se déroulait entre 39ème et le 52ème étage de ce building de Shinjuku.
Bon allez on arrête de jouer les groupies, on est en reportage sur Tokyo by night.
Le quartier Shinjuku est illuminé d’inscriptions en japonais, on retrouve un peu l’ambiance de Times square à New York mais en plus modeste quand même. Une petite virée dans le quartier chaud de Kabukicho juste le temps de se faire brancher par un type qui me propose un peu de bon temps si je le souhaite avec une blonde à forte poitrine (gestes à l’appui car son anglais est approximatif). Demi tour !
Les salles de Pachinko sont bondées, la musique à fond. Bon il faut le voir mais c’est pas trop sa came à Charles qui s’en retourne vers Asakusa. Le temple senso – ji et la pagode sont maintenant quasi déserts, l’occasion de les prendre en photo illuminés.
Fin de la promenade, retour en cellule ( bon on rigole hein, les lits sont douillets !) avec les Cékankonvaoù.
Demain, on quitte les yens pour les roupies.
Takayama
8 juin 2010 à 01:40 | Publié dans Japon | 3 CommentairesBienvenue au temple Zenkoji, sa salle de prière, son bouddha au sous sol dans un noir total et … ses chambres d’hôtel !
Encore une curiosité typiquement japonaise, le Zenkoji temple inn est bien un temple-hôtel.
Et c’est une merveille de chambre qui nous attend. Des cloisons japonaises entourent toute la chambre. Quatre futons et des couettes moelleuses à souhait n’attendent que nous. Et partout autour de la chambre un jardin japonais. On est ravis de finir avec un Japon aussi traditionnel … et moderne ! avec une connexion Wifi en béton.
On profite 3 nuits de notre palace, on fait école assis sur les tatamis, les cahiers disposés sur la table basse.
Et on sort l’après midi flâner dans les ruelles de Takayama. De vieilles maisons en bois pleines de charme, des boutiques d’artisanat tout aussi craquantes, quelques temples installés sur la colline, c’est très très reposant. Il faudrait revenir en hiver pour voir ce village de montagne sous la neige.
Les journées passent à cent à l’heure, on n’arrive pas à croire qu’on va quitter le Japon dans deux jours.
Finalement, le programme de visite méritait amplement nos 25 jours. Reste à profiter de Tokyo by night et on s’envolera ensuite pour Bali, notre dernière destination.
Le spleen du retour n’est pas loin…
L’île de Miyajima
7 juin 2010 à 00:03 | Publié dans Japon | 3 CommentairesA 30 minutes de train d’Hiroshima, nous prenons la direction de la mer et l’embarcadère pour rejoindre l’Île de Miyajima.
Dès la traversée en ferry, nous pouvons apprécier ce que nous sommes venus chercher, le fameux Torii flottant d’Itsukushima. Ce monument singulier est l’un des plus photographiés du Japon.
Après 10 minutes de traversée, nous commençons notre promenade et retrouvons des amis déjà aperçus à Nara, des daims ! Ils se promènent dans la rue, sur la plage et viennent bouloter tout ce qu’ils trouvent, y compris l’emballage de la glace de Charles !
Nous pensions rencontrer une horde de touristes, mais il n’en est rien. Nous arrivons sur l’île en début d’après-midi, l’heure à laquelle la plupart repartent.
Miajyma est très paisible, nous prenons le rythme et nous nous baladons tranquillement dans les ruelles, on est bien. Pour l’anecdote, l’île ne comporte ni maternité ni cimetière car il est interdit d’y enfanter ou d’y mourir…
Nous rejoignons ensuite le site du Torii que nous prévoyons d’admirer sous différentes lumières, jusqu’au coucher de soleil. On admire donc et on prend la pause…bref, on se fait plaisir.
La marée descend et le Torii n’a presque plus les pieds dans l’eau. L’occasion d’un petit jumping familial.
L’ambiance est à la sieste pour Charles qui veille quand même sur son sac reluqué avec insistance par un daim cleptomane. Les enfants, quant à eux, sont trop heureux de retrouver enfin une plage de sable et en profitent tout l’après midi.
Paolo trouve le temps de tester ses biscotos en soulevant le Torii … d’une main ! Ce garçon est tombé dans la marmite de potion magique quand il était tout petit !
Stef a plus d’énergie et entreprend la visite du temple Daisho-in, succession de temples, portes, statues jardins et bassins. Ambiance zen garantie.
On profite également du sanctuaire itsukushima, bâti sur pilotis et dominant la baie. Sur la jetée qui fait face à la baie, se trouve la plus ancienne scène de théâtre de Nô du Japon. Surplombant le sanctuaire, on aperçoit également la pagode aux 5 étages de Goju-no-to.
Le soir arrive déjà, les groupes d’élèves se succèdent sous le Torii pour faire un vœu en jetant une pièce sur l’une de ses poutres horizontales. Si la pièce ne tombe pas, c’est gagné !
Stef mitraille le Torii toutes les 5 minutes pour capter “LA” lumière jusqu’à ce que la nuit tombe complètement et que le torii soit éclairé. Les enfants commencent à croire que c’est une maladie, la photographite…
Le concours photo est engagé avec un sympathique couple japano-sud africain résidant à Cairns. Nous profitons de l’occasion pour nous remémorer de bons souvenirs de notre périple australien mais aussi pour plaisanter ensemble sur “les japonais vus par les français” et en retour “la France et les français vus par les étrangers”. Un bon moment.
Ce soir là, point de couleur orangée ou rose dans le ciel, mais c’est quand même splendide.
On est bien, Stef a envie de rester. Les enfants et leur paternel finissent par lui arracher un accord pour prendre le ferry de 20h.
Retour à l’auberge d’Hiroshima. Demain on profite à fond de notre Japan Rail Pass : 7 heures de train vers le Nord et Takayama.
Émouvante Hiroshima
5 juin 2010 à 10:42 | Publié dans Japon | 2 CommentairesLa ville d’Hiroshima est tristement célèbre pour avoir été la cible de la première bombe atomique, larguée par les américains à la fin de la seconde guerre mondiale pour faire capituler les japonais. C’était le 6 août 1945, à 8H15, comme en témoigne les montres exposées au musée, arrêtées à l’heure du cataclysme.
On pourrait penser que c’est un peu sinistre comme visite, et pourtant, cela nous a semblé comme une évidence. D’autant plus que quelques jours avant notre départ pour ce fabuleux voyage d’une année, les enfants avaient regardé un dessin animé qui se passe à Hiroshima dans lequel une petite fille se balade dans la ville et retrace à travers son imagination les terribles événements. Ce dessin animé les a marqués, c’est la première ville japonaise qu’ils ont découverte…
Et comme à chaque fois, les enfants nous bluffent par leur mémoire. Ils se souviennent des détails du dessin animé et donc du parc mémorial de la Paix. Ils nous devancent dans nos découvertes et c’est ensemble que nous reconstituons l’histoire d’Hiroshima. Poignant.
L’émotion la plus forte survient devant le monument de la paix dédié aux enfants. Il représente une fillette aux mains tendues ; une grue, symbole de longévité et de bonheur, vole au-dessus d’elle. Cette œuvre évoque une petite victime de la bombe persuadée qu’en fabriquant mille grues de papier, elle guérirait de sa maladie. Elle ne survécut pas, mais grâce à son histoire, connue dans dans tout le Japon, des grues de papier fabriquées par les écoliers de tout le pays ornent en permanence son effigie. (tiré du guide Voir, Japon, Hachette).
Nous restons devant le monument quand un groupe d’élèves se lève et entonne une chanson sous la direction de leur professeur. La mélodie et l’interprétation des enfants sont extraordinaires. Nous sommes bouleversés. Lola : ” Ça fait du bien la chanson !”. Oui, elle fait du bien cette chanson, regardez et écoutez.
On pense aux membres de nos familles qui ont vécu la guerre. On mesure notre chance de vivre en paix et on fait le vœu qu’il en soit de même pour nos enfants. Alexis a la solution : “Si un pays commence par arrêter d’avoir des armes, alors après les autres feront pareil et il n’y aura plus de guerre.”
Nous passons un long moment au parc mémorial de la Paix, devant le cénotaphe, qui contient tous les noms des victimes puis devant la flamme de la Paix qui ne s’éteindra que lorsque les armes nucléaires auront disparu de la surface de la terre. Plus loin les enfants font sonner la cloche de la Paix. Nous arrivons enfin devant le dôme de la bombe A, seul vestige de l’ancienne Hiroshima.
Nous commençons enfin la visite du musée, où nous prenons conscience grâce aux images, maquettes et reliques de l’incroyable pouvoir de destruction de la bombe qui a fait 140000 victimes…
Devant les restes d’un vélo d’enfant exposé au musée, Paolo se remémore à nouveau le dessin animé sur Hiroshima dans lequel la petite fille imagine un garçon sur le vélo, avant que la bombe n’explose et qu’il ne reste que l’épave du tricycle.
La visite se termine. Nous portons un dernier regard sur le site dont la sobriété, le calme, l’espace et la végétation se prêtent si bien au recueillement et à la mémoire.
Hiroshima restera un moment très particulier dans ce tour du monde, grave et émouvant.
Kyoto et Nara
1 juin 2010 à 15:15 | Publié dans Japon | 4 CommentairesKyoto ça vous dit quelque chose ? Le pro… Le proto… Pfff !!! Le protocole de Kyoto m’enfin ! Oh là là, ça sent la fin de l’année scolaire les amis, on se relâche !
Pour les Cékankonvaoù au contraire, c’est la reprise après la pause de Nikko. 7 jours à Kyoto avec un programme de ouf. Les lieux d’intérêt ne manquent pas et sont disséminés un peu partout dans la ville. Il faut qu’on se repère dans toutes les lignes de bus (enfin Charles seulement, ça suffit) et qu’on remette nos jambes!
On s’installe pour 5 jours dans une guesthouse très petite mais dont les gérants sont adorables. On aime l’authenticité de cette maison japonaise où l’espace est précieux. Les tatamis, futons et couettes sont toujours aussi accueillants, les conditions sont remplies pour attaquer les visites. On passe les 2 derniers jours dans une auberge plus classique où les enfants passent leurs soirées à jouer au monopoly japonais, même pas peur!
Et on commence par de l’or. Pas en lingots tombant du ciel pour nous permettre un second tour du monde, non, un temple d’or, le Kinkakuji. Une petite merveille. Malgré un ciel chargé, le joyau est admirable.
On poursuit à pied pour rejoindre le Myoshin – Ji. Les rues sont charmantes.
Le Myoshin – Ji est un ensemble de temples disposés selon les principes zen. On doit être conditionnés par le mot car on ressent une vraie harmonie dans ce lieu ouvert. Et ce ne sont pas quelques gouttes de pluie qui nous font peur.
On termine la visite par le jardin japonais … joli mais rikiki au vu du prix payé pour le voir.
On rentre à la guesthouse. Ce soir à la télé, championnats du monde de tennis de table en live ! Charles se régalera deux jours de suite en compagnie du proprio devant Japon – Autriche en garçons et Japon – Roumanie en filles avant d’apprendre que les Mondiaux individuels 2013 auront lieu à Bercy. Yes !
Le lendemain, nous prenons la train vers Inari pour apprécier une vraie curiosité. Plus de mille torii (portiques) à franchir en grimpette.
Mais avant d’entreprendre la montée, les enfants se plient comme les autres écoliers et visiteurs au rituel du lieu. D’abord une “purification” des mains et de la bouche à l’aide d’une grande cuillère en bois et de l’eau de fontaine. Puis, une offrande en pièce de monnaie devant le temple, un double salut, un coup de cloche, et re-double salut. On ne sait pas si les dieux ont apprécié mais le cœur y était, surtout pour sonner la cloche…
Et c’est parti pour les torii. Alexis et Paolo entreprennent le comptage, ils tiendront jusqu’à 1300 avant de craquer !
Le site est vraiment surprenant, et on se dit que seuls les japonais pouvaient avoir une idée pareille. C’est très chouette en tout cas et ça donne des photos superbes.
On doit néanmoins confesser qu’on n’a pas fait l’ascension complète. Pour la première fois depuis le départ on est épuisés. Il faut dire qu’on crapahute à pinces depuis le début du Vietnam. Là, les batteries sont franchement entamées. Promis, à Bali, on regarde nos doigts de pieds devant la plage et on bulle.
En attendant, la visite de Kyoto continue avec le site du temple Toji. A voir surtout pour ses statues interdites à photographier. Vous vous consolerez avec quelques photos de l’extérieur dont une jolie pagode et un bassin prisé des tortues.
Le lendemain, on est définitivement crâmés. Conseil de famille : on se laisse aller à la guesthouse jusqu’à 15 heures, moment de l’ouverture du onsen de Funuoka.
Un pur bonheur ! Le bain dans un onsen faisait partie des incontournables de la visite au Japon. Celui-ci n’est pas naturel mais c’est bon quand même. Un espace réservé aux femmes et l’autre aux hommes, et pour cause, on profite des bains dans le plus simple appareil. Et c’est parti pour un bain chaud, un très chaud, un brûlant, un froid, un bouillonnant mais aussi un sauna et un bain extérieur. On y vient pour se relaxer, profiter des bains bien sûr mais aussi pour se laver. Assis sur un petit siège en plastique, on se récure, on se savonne pendant de longues minutes, rincé par une petite douche adaptée à la position assise. On sent une vraie culture du “onsen-purifiant”. Les enfants adorent, les parents frôlent la surchauffe mais c’est trop bon ! On sort ragaillardis et propres comme des sous neufs. Plus qu’à faire un gros dodo avant le départ pour Nara.
A une heure de train de Kyoto, voici Nara, haut lieu du tourisme japonais. Deux attractions principales justifient sa réputation. Son parc où 1200 daims se promènent en liberté parmi les touristes, et son immense temple Todai – ji abritant le plus grand bouddha du Japon, le Daibutsu-Den.
Avant de rejoindre le parc, on parcourt les allées commerciales de la ville. On est dimanche et visiblement c’est un jour de fête. Des groupes de danse djeuns se succèdent sur les scènes. Lola est fan de ces jeunes japonai(se)s qui remuent le popotin au son de la musique techno – japono – manga.
Et puis une jolie japonaise en kimono prend place sur la scène et nous gratifie d’un non moins joli morceau de piano … avant de s’abîmer un peu dans une chanson. Alexis trouvera les bons mots. “C’est bizarre, c’est grave et après c’est aigu…”. Elle reçoit néanmoins nos encouragements … pour son élégance.
Nous avançons vers le parc et effectivement on voit les daims au milieu des touristes. Des bambis à foison, les enfants sont aux anges.
Nous arrivons devant le Todai – ji, impressionnant. On retrouve toujours la même forme de bâtiment pour les temples japonais, mais celui-ci est gigantesque tout en conservant le même raffinement que ses petits frères.
A l’intérieur, les “statues” sont impressionnantes. Tout d’abord, les deux Koumokuten ou gardiens célestes, puis les deux Bosatsu ayant reçu l’illumination, et enfin au centre du temple, le fameux Daibutsu ou Grand Bouddha, une des plus grandes statues de bronze au monde (16m de hauteur, 437 tonnes de bronze et 130kg d’or). Ça le fait!
Après le Daibutsu-Den, on flâne encore plus au nord du Todai-ji et on revient vers la gare en passant par une nouvelle pagode à cinq étages et une esplanade à la mode “colonnes de Buren” mais en petit et en pierre.
Sayo – Nara (ha ha), retour à Kyoto.
Après l’or du Kinkakuji, voici l’argent du Ginkakuji (temple d’argent vous l’aurez compris…ou pas). Si le temple est moins remarquable, les jardins en revanche sont somptueux.
On emprunte ensuite le chemin des philosophes où l’on croise des japonaises en kimono traditionnel. Le décor est absolument parfait, on est dans le “Japon zen” tel qu’on se l’imaginait.
Nous avons maintenant rendez vous avec un symbole du Japon, les geishas. Ou plutôt les maikos, des apprenties geishas qui donnent une représentation ce dimanche. On est devant la couverture de notre Lonely Planet Japon, mais en vrai ! Sans connaître ni comprendre cette tradition culturelle japonaise, on apprécie encore une fois l’extrême raffinement japonais. Le costume, le maquillage, l’allure, tout est réalisé avec une recherche de la perfection.
Pour notre dernière journée à Kyoto, on lève le pied et on flâne dans le quartier Gion. Rues pavées, allées piétonnes, boutiques d’art, maisons en bois, l’ambiance est feutrée, très agréable.
On a même la chance de croiser deux maikos qui acceptent de prendre la pose avec les enfants.
Leur démarche est très prudente, on les comprend en regardant de plus près leurs chaussures !
Notre séjour kyotoïte s’achève. Cette ville est un véritable trésor historique et culturel japonais (17 sites Unesco, excusez du peu). On n’aura vu qu’une infime partie des 1600 temples bouddhiques et quelques 400 sanctuaires shintos, mais on a vécu le Japon traditionnel tel qu’on se l’imaginait. Nous sommes fatigués mais comblés.
Changement de décor dès demain avec Hiroshima et son histoire tragique.
Nikko
25 mai 2010 à 01:28 | Publié dans Japon | 7 CommentairesNikko est notre seule escale au nord de Tokyo. Ce haut lieu du tourisme japonais est célèbre pour sa cascade Kegon décrite comme la plus spectaculaire du Japon, pour son ensemble de temples et sanctuaires et pour le pont sacré Shintyo.
Et ne restera pas célèbre à nos yeux pour son auberge de jeunesse. Brrr, un cauchemar. 110 € la nuit dans une baraque glauque, humide, tenue par une aubergiste pète-sec visiblement contrariée par la présence d’enfants (un comble pour une auberge de jeunesse). A cela se rajoute l’obligation de quitter les lieux entre 9h et 16h et la douche doit être prise à heure fixe!! Bref, c’est une punition. Stef est effondrée, on avait imaginé Nikko comme une villégiature, un weekend à la cool après l’accélération tokyoite, patatras ! Action, réaction, dès le lendemain on change de crèche (la dame est quasiment ravie de nous rembourser la seconde nuit réservée !) et on atterrit dans un hôtel nickel où on squatte un 2 pièces cuisine pour le même prix. Ouuuf !
Ou plutôt 1/2 ouf car les prévisions pour l’hébergement à Kyoto ne sont pas terribles. Cher et pas de place avant quelques jours. Une fois de plus la solidarité tourdumondiste joue à plein et nos amis pisteurs “la famille Guironnet” nous trouve un petit nid à prix tout doux (110€ au Japon c’est tout doux…) où ils nous précèdent de quelques jours.
On peut donc profiter de Nikko et d’abord de ses alentours à savoir la cascade Kegon et le lac Chuzenji.
Bof, mouaif… C’est pas de la bombe tout çà. Après la tripotée de lacs magnifiques et autres chutes du Niagara ou de Montmorency, c’est du pipi de chat! Joli mais pas waouh. Heureusement un petit tour en funiculaire puis une randonnée en montagne agissent comme un grand bol d’air auprès des enfants.
Le lendemain, on commence la visite des temples, innombrables au Japon.
On est quand même préoccupé par notre stratégie au Japon. Plus on épluche Lonely Planet, plus on regrette de rester aussi longtemps. 15 jours, c’était parfait, 26 jours c’est trop. Le Japon est une destination abominablement chère et l’intérêt principal se concentre sur Tokyo et Kyoto. On fait les fanfarons quand on pense avoir fait les bons choix, là, c’est profil bas, faute technique. On fera mieux la prochaine fois !
L’enthousiasme étant un peu retombé et la fatigue bien présente, seuls Charles et Lola vont découvrir les temples Rinnoji, Toshogu et Futirasan.
Toute la famille avait précédemment rejoint le site en passant près du Shinkyo, le pont rouge sacré.
Même sans être particulièrement sensible aux monuments et aux croyances, il faut reconnaître que les temples et sanctuaires de Nikko sont superbes. Beaucoup plus majestueux et raffinés que les temples chinois vus au Vietnam. Le plus beau est assurément le Toshogu.
Ceci fait, on se repose 2 jours à l’hôtel et on fait école. On a géré la météo comme des pros, la pluie est prévue, on ne sort pas de la journée. Un truc de dingue oublié depuis des mois, ça nous fait un bien fou!
Mode pause donc sauf pour vous donner des news. On en profite également pour se concocter un séjour sympa. Toutes nos étapes sont désormais fixées et les auberges réservées. Nous repartons de Nikko reposés et à bloc!
Surprise juste avant le départ, le gérant de l’hôtel appelle les enfants à la réception. Un couple habillé en geisha et samouraï est de passage et prendra pause avec les enfants. Clic.
Prochaine étape : Kyoto
Les Sumos
23 mai 2010 à 13:45 | Publié dans Japon | 2 CommentairesDepuis le début de notre voyage, nous n’avons assisté à aucun match officiel de hockey-sur-glace au Canada, de rencontre de basket-ball, de football américain ou encore de base-ball aux États-Unis, ni de match de rugby dans l’hémisphère sud (c’était la trêve) ou encore de rencontre de cricket en Australie… Alors au Japon, interdit de passer à côté du tournoi de sumo!
Six tournois ou Hon-Basho ont lieu dans l’année, dont trois à Tokyo aux mois de janvier, de mai et de décembre. Celui du mois de mai se déroule du 9 au 23 au Ryogoku Kokugikan. Ça tombe bien, nous y sommes du 15 au 20 et le stade est à 15mn à pieds. Le rêve! Nous irons au stade le dernier jour de notre séjour à Tokyo, la pluie étant annoncée (ça s’appelle avoir de l’organisation).
On passe quand même par le stade quelques jours avant et l’excitation est déjà là, on est trop contents! On est fin prêts et on prend la pause devant le stade et les bannières annonçant le tournoi. Les sumos que l’on croise sont impressionnants même s’ils sont assez inexpressifs. Un gros balèze accepte gentiment de prendre la pause à côté des enfants.
Puis vient le jour J. Les premiers combats se déroulent à 14h30 avec des lutteurs lambdas qui laissent leur place aux champions en fin de journée. Le stade se remplit au fur et à mesure de l’après-midi et est comble entre 17h et 18h.
On ouvre grands nos yeux et on dévore le livre d’explications sur ce mythe japonais. Internet complètera notre savoir dès la fin de la journée.
Le dohyô est l’aire où se déroulent les combats. Il s’agit d’une plate-forme d’argile recouverte de sable . Sur cette estrade est dessinée un grand cercle de 4,55m de diamètre avec des cordes de paille de riz à moitié enterrées dans le sol d’argile, c’est la zone de combat. Au milieu du cercle, deux lignes blanches sont tracées pour positionner l’emplacement de départ des deux lutteurs. Le dohyô est surmonté d’un grand toit en bois, à l’intérieur duquel sont positionnés les éclairages. Pour info, à chaque coin du toit est suspendu un grand pompon de couleur : vert et rouge côté est, noir et blanc côté ouest, le dohyô étant orienté selon les points cardinaux conformément aux pratiques shintos qui ont guidé la plupart des règles et coutumes du monde des sumos. Un prêtre shinto a béni cette aire, considérée comme sacrée.
Nous assistons à l’ensemble des rituels qui accompagnent les combats.
En signe de purification, les sumos, appelés rikishi au Japon, prennent une poignée de sel et la lancent sur le dohyō. Avant l’affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec lesur pieds, après les avoir levés très haut. Il s’agit du shiko. Ils frappent ensuite dans leurs mains puis les lèvent avant de s’accroupir l’un en face de l’autre. On observe également le rituel de « l’eau de force » que le lutteur boit puis recrache.
Le combat débute au signal du gyoji, l’arbitre vêtu du costume traditionnel, qui présente alors l’autre face de son éventail.
Après une phase d’observation (qui peut s’interrompre à deux où trois reprises et où certains rituels se répètent à nouveau), les rikishis doivent toucher le sol avec leurs deux mains pour accepter le combat.
La confrontation physique peut alors commencer (le début du combat où les deux lutteurs se jettent littéralement l’un sur l’autre est appelé tachi-ai). Les deux protagonistes s’élancent l’un vers l’autre, le but étant d’éjecter l’adversaire hors du cercle de combat ou de lui faire toucher le sol par une autre partie du corps que la plante des pieds. Les combattants peuvent utiliser les prises parmi les 82 autorisées. Ces prises gagnantes sont appelées kimarite.
En dépit de leur taille et de leur poids, les sumos sont rapides et agiles. C’est même très sportif! Les combats sont très courts.
A noter que quelques non-japonais, dont des européens, figurent parmi les meilleurs lutteurs.
Les sumos portent un pagne (le mawashi), porté avec une ceinture très fine (sagari) et retenue par des cordons. Leurs cheveux sont huilés et noués en chignon.
Nous avons également assisté à plusieurs cérémonies.
La première est la cérémonie de présentation des lutteurs en préambule des combats. Chaque lutteur est vêtu du grand tablier de parade brodé, le keshô-mawashi, constitué d’une grande pièce de soie allant de la taille aux chevilles et couvrant uniquement l’avant.
La seconde est la cérémonie du dohyô-iri présentée par le yokozuna (champion surpême). Les japonais voient à travers lui un acteur principal de la religion shinto, voire de la culture japonaise. Cette cérémonie est donc aussi une cérémonie religieuse shinto. Le yokozuna intervient chaque fois qu’il faut consacrer une arène sportive.
Le yokozuna est accompagné de ses deux assistants, des lutteurs de la même heya que lui : le premier est le porteur de sabre (tachimochi) et l’autre est simple assistant (tsuyuharai).
Le yokozuna porte en plus de son keshô-mawashi une grosse corde tressée en coton blanc liée autour de la taille et agrémentée de bandes de papier blanc découpées. C’est la tsuna, symbole du yokozuna, toujours portée par lui lors des cérémonies pour signifier son rang. Liée à l’arrière, elle forme une grosse boucle dans le dos.
Face au public, le yokozuna effectue sa cérémonie, une sorte de chiri-chôzu adapté. A chaque fois que le lutteur frappe la terre avec son pied, le public réagit et se fait presque l’écho du choc. On sent presque une communication s’établir entre les spectateurs et le lutteur.
C’est véritablement cet instant qui marque le démarrage des combats à ne pas manquer du tournoi, comme si tous les combats précédents n’avaient pas existé.
La dernière cérémonie à laquelle nous avons assisté est celle du yumitori-shiki ou danse de l’arc. Elle se déroule tous les jours du hon-basho, juste après le dernier combat de la journée.
En l’absence de tournoi, il est possible d’assister à l’entraînement quotidien dans une beya, proche du stade Ryogoku.
Pour ceux qui se posent la question, voici grossièrement (sans jeu de mot) la journée type du sumo.
Les entrainements de base des rikishis (le keiko) se déroule de 5h du matin à 8h environ et est constitué d’exercices d’endurance, de souplesse et de force. Un entraînement spécifique au combat dure ensuite jusqu’à 11h. L’ensemble se réalise à jeun.
A ce début de journée succède une période « hygiénique » ( le passage chez le « tokoyama », c’est-à-dire le coiffeur, le bain..etc), ainsi que la préparation, pour les apprentis, du chanko-nabe (le repas).
A ce moment là, le lutteur n’a toujours rien consommé de la journée.
L’alimentation au quotidien sans doute l’étape la plus importante pour un sumo. Le menu type du lutteur est le « Chanko », un ragoût de viandes, de légumes, de féculents liés par une sauce onctueuse et contenant ainsi un taux très élevé de protéines. Un premier repas est pris vers midi et l’autre vers vingt heures. Le service s’effectue de manière hiérarchique (les titulaires mangent en premier, les non gradés se contentant ensuite des restes). Le sumo dort immédiatement après les repas pour permette plus facilement l’accumulation des graisses. En général, le sumo engloutit entre 8000 et 10 000 calories quotidiennement.
Drôle de vie quand même.
Nous avons vraiment adoré cette incursion dans un univers complètement à part. A ne rater sous aucun prétexte si vous venez à Tokyo durant la bonne période!
Tokyo
23 mai 2010 à 11:35 | Publié dans Japon | 2 CommentairesJapon nous voilà!
Ca commence très bien, le Boeing de la JAL est le plus bel avion depuis le départ, le plus clean et le plus confortable. Le vol est parfait, aucune turbulence et c’est tant mieux, car plus on vole et moins on est tranquille (les parents parce que les mômes pour eux c’est comme de prendre le bus). On a même droit à un apéritif avant l’atterrissage. Non pas un Martini, il est 5 heures du matin (!) mais un apéro paysager avec le sommet du Mont Fuji qui nous salue de par dessus les nuages. Konishiwa Japan !
L’aéroport de Tokyo Narita est à l’image de l’avion, ultra clean, aseptisé. On fait connaissance avec les inscriptions en japonais, fort heureusement doublées en anglais. Charles trouve d’emblée une familiarité avec le japonais parlé, la prononciation est claire, les syllabes bien marquées, c’est une langue très agréable à écouter malgré son côté “carré”.
On échange nos “Japan Rail Pass” qui vont nous permettre de voyager en train en mode “illimité” pendant 3 semaines.
Et c’est parti pour le premier challenge : rejoindre l’hôtel depuis l’aéroport sans se paumer ! Comme dans du beurre, l’auberge de jeunesse nous a concocté un itinéraire à suivre à la lettre et c’est plus précis qu’un GPS. On se pointe à 10h après une très très courte nuit en sachant qu’on ne pourra prendre la chambre qu’à 17H. On va puiser (encore !) dans nos réserves et récupérer plus tard. Sauf qu’au moment de payer (on paye en arrivant à l’hôtel au Japon), on nous annonce que celui-ci ferme tous les jours de 10h à 17h, interdit de rester dans la piaule, raouste, tout le monde dehors ! Gloups, à 110 euros la nuit, ça passe mal… Vient ensuite le cérémonial des chaussons. On quitte les chaussures dans l’entrée et on met une paire de chaussons pour entrer dans l’hôtel, et on change encore de chaussons pour aller dans les salles de bains. C’est le pied !
La salle commune de l’auberge ferme à 9h30 le matin, les douches c’est entre 6h30 et 9h00 et à partir de 17h juqu’à 23h etc etc… On apprend très vite une facette très importante du Japon : les règles.
C’est pas du tout ça mais il faut occuper notre journée jusqu’à 17h. Coup de bol, nous sommes pile poil dans le quartier où se déroule précisément ce weekend, un Matsuri. Le Matsuri est une fête très populaire où le public vient assister à une procession d’autels portés par les “fidèles” quasiment en transe qui avancent en cadence et au son de tonitruants “HHHASSSA” qu’on a compris comme étant ou des encouragements ou des incantations.
C’est noir de monde, les hommes sont en kimonos légers et … en slip avec des espèces de chaussures molles en forme de pied de cochon !
Attention en traversant la route, voilà un char romain tiré par … un japonais au galop (et toujours chaussé de pieds de cochons). Ce sont en fait des conducteurs de jinriksha en habits traditionnels qui proposent de nous balader autour des temples.
On a beau être fatigué de notre nuit d’avion, on a les yeux comme des billes devant ce brusque changement de culture. Passer de la randonnée à Sapa au Matsuri d’Asakusa, c’est le grand écart.
On profite de l’après midi pour pousser jusqu’au parc de Ueno où les enfants profitent d’un mini playground dont on s’apercevra les jours suivants que c’est une rareté à Tokyo.
Les futons sur lesquels on dort sont très confortables, les tatamis aussi et les cloisons japonaises qui séparent les chambres ont un certain style … mais pas le style isolant. Stef profite ainsi jusqu’à 4 heures du matin de la conversation animée des 4 jeunes japonais de la chambre voisine.
Le lendemain, c’est dimanche et comme à Bamako, jour de mariage ( merci Amadou et Mariam). Mais pas le mariage à l’occidentale, le mariage traditionnel, célébré au parc Yoyogi, dans le temple Meiji-jingu. C’est totalement en adéquation avec ce qu’on peut imaginer du Japon ancien. Extrêmement ritualisé, solennel, coloré, maquillé, silencieux. Et quelle épreuve pour la mariée ! Elle est très belle certes, mais comment fait elle pour marcher, emprisonnée dans un kimono lui enserrant les jambes ? Vous connaissez le jeu du chou fleur pour “faire les équipes” avant un match de foot ? Pareil pour la mariée, elle avance d’un pied à chaque pas.
Le maquillage, la coiffe et le kimono de la mariée sont d’un grand raffinement. L’homme est vêtu d’un montsuki et d’un haori, le kimono traditionnel et la veste par dessus.
Le maître de cérémonie est au diapason. Ses sabots aussi !
A la sortie de ce même parc, à Harajuku, on passe d’un extrême à l’autre. C’est le point de rendez vous des ados pour le weekend , bye bye les uniformes scolaires stricts et étriqués, hello les délires trashs en tout genre. Les filles deviennent poupées, les garçons ont mis les doigts dans la prise. C’est du grand n’importe quoi pourvu qu’on se fasse remarquer et qu’on échappe à l’ordre japonais. C’est évidemment très curieux à voir.
Des jeunes proposent même des “free hugs” (“étreintes gratuites”) aux passants…zarbis ces japonais!
On peut quand même être un peu déçu par le côté “spectacle”. On pensait que c’était une démarche plus individuelle de montrer sa différence, on assiste plus à une représentation théâtrale qui manque un peu de sincérité.
On déambule dans la Takeshita dori (“dori” signifie “rue”), où les boutiques pour les midinettes pullulent puis on descend vers Shibuya où nous attend un spectacle de danse et des rues aux affiches mangas géantes. Musique à fond, salles de jeux. Difficile à supporter pour des trentenaires confirmés.
La journée du lendemain et plus calme. Après avoir recherché désespérément un DAB de la BNP Paribas pour limiter nos dépenses japono-astronomiques, nous arrivons près du Palais impérial dont l’intérieur est interdit au public mais que l’on peut apercevoir depuis les jardins. Là encore quel contraste ! D’un côté le calme du palais endormi et de ses jardins, au centre une immense esplanade et des bassins, et de l’autre côté les buildings et la frénésie de Tokyo.
Plus tôt on avait fait chou blanc au Sony building situé dans le quartier de Ginza. Un coup de règle sur les doigts pour le Lonely Planet qu’on devra informer : le 6ème étage réservé aux enfants c’est FI-NI ! On se rattrape en fin d’après midi en rejoignant le Hakuhinkan Toy Park, immense magasin de jouet sur plusieurs étages où les enfants se régalent. Paolo se prosterne devant les Legos, Lola fait le plein de couleur rose, Stef continue sa collecte de mini-cadeaux (chuuuut) et Alexis reste scotché devant un fantastique circuit de voitures à en faire baver nos potes Lolo et Leny !
Tiens ça sent l’poiscaille ! Non votre PC n’a pas la fonction odorat, vous n’avez pas non plus laissé une brandade de morue sur la table du salon depuis 3 jours, c’est juste des relents imaginaires de notre passage au marché de Tsukiji! Incroyable. Mais comment la mer peut-elle fournir autant de poissons, à commencer par ces centaines de thons rouges, c’est inimaginable ?! Les deux courageux du matin Paolo et Charles ont tenu à visiter ce haut lieu de Tokyo et n’ont pas été déçus. Même s’il aurait fallu arriver dès 5 heures du matin pour la criée aux poissons, on a quand même assisté entre 7 et 8h au balai incessant des transporteurs entre les allées, vu la découpe à la scie des thons congelés, et admiré la multitude d’espèces de poissons, coquillages, mollusques et autres z’animaux de la mer du Japon. Trop marrantes les japonaises assises dans leur guérite, dans l’attente du coup de fil annonçant une nouvelle commande. On est affolé devant les prix d’un mini carré de thon. Et encore, on n’est pas au resto ultra classe qui va le servir au hommes d’affaires pour le déjeuner.
Tokyo, c’est aussi Electric Town, dans le quartier Akihabara. Si vous cherchez un mini-tournevis de 0,372 mm avec manche ergonomique, une multiprise à exemplaire unique, 36000 sortes de cables, c’est là que ça se passe ! Et des salles de jeux, toujours et encore, surtout de Pachinko, le flipper revue et corrigé par les japonais. Et, des magasins entiers consacrés à la culture manga. D’immenses panneaux de pub sur les devantures présentent des scènes de mangas. Charles se dit trop vieux pour comprendre ( n’importe quoi ) mais ça réveille tous les souvenirs de dessins animés de Stef! Comme à Harajuku, on trouve des adulescentes habillées en soubrette (limite mauvais goût) devant les magasins pour distribuer des prospectus et appâter le chaland.
On poursuit l’après-midi vers le quartier de Shinjuku, ses affiches lumineuses et ses jeux encore et toujours.
On termine notre journée dans une toute autre ambiance au 36ème étage de la tour du gouvernement de Tokyo. Vue panoramique gratuite sur la ville.
Le dernier jour, avant de rejoindre Ryogoku et son tournoi de Sumo pour lequel on trépigne d’impatience, on emmène les enfants au Miraikan, le musée des sciences nouvelles au sud de Tokyo. Pour nous y rendre, on emprunte la ligne de métro aérien entièrement automatisée qui nous offre une belle vue sur la baie de Tokyo.
Le musée enchante les mômes. Ils pilotent un robot depuis une capsule 3D, font des grimaces devant des cellules photos, écrivent sur une palette graphique magique, jouent aux jeux électroniques, restent bouche bée devant une chimiste démontrant les secrets des matériaux super-conducteurs. La réussite de la visite aurait été totale si on n’avait manqué la démonstration en live du célèbre robot ASIMO. Paolo se fera quand même immortaliser avec le Nono de son époque (mais si, Ulysse … “salut c’est moi Nono, j’suis le petit robot, l’ami d’Ulysse” etc…)
Cinq jours à arpenter la capitale nippone et ses contrastes. Tokyo, c’est la cohabitation permanente entre deux opposés: le jeu et l’ordre. Un regret peut-être, ne pas avoir fait “Tokyo by night” (peut-être en fin de séjour).
A suivre aussi d’ici la fin de notre séjour, un article “Japon pratique” .
Et le must reste à venir, Yokosunas, nous voilà !
Points de vente Japan Rail Pass
30 avril 2009 à 11:00 | Publié dans Japon | 2 CommentairesTags : cartes, train, Transport
Les bons d’échange du Japan Rail Pass ne peuvent s’acheter que trois mois maximum avant l’arrivée sur le sol japonais.
Seules quelques agences par continent délivrent ces bons. Ici le lien vers la liste des agences.
Il n’y a pas d’agence en Nouvelle Calédonie. Nous devrons donc acheter ces bons soit en Australie soit au Vietnam. Utilisant Japan Airlines pour le vol Hanoï/Tokyo, nous pouvons acheter ces bons à l’agence JAL de Hanoï dont voici l’adresse et le plan.
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Présentation et programme prévisionnel du Japon
3 octobre 2008 à 19:32 | Publié dans Japon | Laisser un commentaire
Le Japon est un archipel constitué de quatre iles principales, Hokkaido, Honshu, Shikoku, Kyushu (du nord au sud) et de milliers d’ilôts.
L’ensemble est d’origine volcanique, d’où des tremblements de terre et des raz-de-marée assez fréquents.
Le mont Fuji au sud de Tokyo, la capitale, est le point culminant du pays (3776m).
Destinations pressenties
Tokyo mégalopole excentrique
Nikko lac Shuzenji et temples
Kamakura sanctuaires, temples, plage
Hakone vue sur le mont Fuji
Takayama temples, promenades en forêts
Kanazawa jardins, quartier des samouraïs, quartier des geishas, temples
Kyoto magnifiques temples, chemin des philosophes
Osaka et château d’Himegi
Nara parcs, jardins, sanctuaires, pagode aux cinq étages
Okayoma et Hurashiki magnifiques jardins, collines, sanctuaires
Hiroshima vestiges de la guerre : le parc mémorial de la paix, le peace memorial museum
L’île de Miyajima nature omniprésente, parcs, temples, sanctuaires, mer, la porte rouge O-Torii
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